vendredi 7 mars 2014

Bacchanales d'enfants 5 : Arts, Sciences et Techniques





Amour et enfants musiciens, 12 rue du Cardinal Mercier, IXe ardt.




 Pour notre dernier rendez-vous avec les enfants des bas-reliefs parisiens, nous découvrons leurs mutations ultimes : ils abandonnent leurs traditionnelles références au culte de Bacchus pour se lancer dans la musique, la peinture, la sculpture, l'astronomie, la géographie, la chimie, le commerce, jusqu'à participer à l'essor du chemin de fer. Certains Amours furent même enrôlés dans les rangs des révolutionnaires de 1789. Ayant survécu jusqu'au début du XXe siècle, ils semblent avoir maintenant complétement disparu de nos façades.




vendredi 21 février 2014

Vitraux de guerre. 3





Saint Léon arrêtant Attila. (détail) Vitrail de Lucien Mette, dessin d'Alphonse Herrmann,
1910. Église Saint-Maurice de Bécon. 216, rue Armand Silvestre, Courbevoie, Hauts-de-Seine.
S
i l'association des Huns et de l'invasion allemande et de Guillaume II à Attila fut fréquente durant la 1ère guerre mondiale, ce vitrail de 1910 montre qu'on sut l'évoquer avant le début des hostilités. Il est vrai qu'un discours du Kaiser en 1900 fournissait un prétexte bien commode en attendant les atrocités commises contre les civils en Belgique et dans le Nord de la France au début du conflit. « Sus à l’ennemi, écrasez-le ! Pas de pitié ! Pas de prisonniers ! Celui qui vous tombera sous la main est un homme mort : il y a mille ans, les Huns du roi Attila se sont fait un nom qui retentit formidablement aujourd’hui encore dans les mémoires et les contes ; que le nom des Allemands acquière en Chine la même réputation, pour que jamais plus un Chinois n’ose même regarder un Allemand de travers ». Discours du 27 juillet 1900 dirigé contre les « Boxers ».



Où l'on constate que la science positive peut proférer les plus cocasses énormités d'un ton sentencieux et qui ne souffre pas la réplique, où les dr Edgar Bérillon et Louis Capitan, personnages importants, boursouflés, et donc décorés, mettant leur immense savoir au service de la bêtise, nous apprennent que les Allemands urinent par les pieds et que leur vision géopolitique a pour principal moteur l'alcoolisme.

vendredi 31 janvier 2014

Bacchanales d'enfants 4 : Jeux et Saisons 2





Jeux d'eau, les enfants s'ébattent dans une rivière ou un étang, ce qui peut symboliser l'été,  29 rue Bayen, XVIIe ardt, 1901.



Où nous retrouvons les Génies, les Esprits et les Amours, parents d’Éros et Cupidon et leurs frères les putti et satyreaux dans leurs aventures sculptées, peintes et gravées. Arrivés à ce quatrième billet, il faut bien avouer leur prolifération au cours des siècles, avec des hauts et des bas, mais sans totale discontinuité. Présents sous la forme d'une nombreuse population dans l'Antiquité, ils subsistent en pointillé au Moyen-Age, font un retour en force à la Renaissance, pour une apogée atteinte au XVIIIe siècle, au prix d'une édulcoration de leur nature initiale. Voici une moisson supplémentaire de bas-reliefs parisiens et banlieusards exposant leurs jeux, occupations, symbolisant les saisons. Et l'on peut penser à tous ces moulages où ils s'ébattent, encore cachés dans les cours et les couloirs des immeubles, répétant des modèles connus ou offrant de nouvelles compositions. La vie des putti au sein des bacchanales d'enfants est omniprésente et sans fin.




vendredi 17 janvier 2014

Un sculpteur



Sculpture ornementale de Paul Le Bègue, 1897. 3, rue Eugène Carrière, XVIIIe ardt.



Où nous rencontrons le statuaire Paul Le Bègue au sommet de la tour Saint-Jacques, et où, à travers lui, nous rendons hommage aux innombrables sculpteurs qui animèrent les façades de feuilles, de fleurs, de grecques, de cariatides, d'atlantes et de mascarons.

vendredi 27 décembre 2013

Bacchanales d'enfants 3 : Jeux et Saisons 1






Ici des amours ailés antiques, proches parents de Cupidon, apportent leur flux amoureux à des putti, enfants aptères, dont l'un (qu'un des amours va couronner de fleurs), semble fasciné par l'affection que se portent deux pigeons, tandis que les 2 autres putti semblent s'éprendre l'un de l'autre, plâtre ou stuc, Hôtel de Luzy, bâti vers 1770, 6 rue Férou, VIe ardt.





Où nous retrouvons les enfants tressant des couronnes de fleurs, chassant le lièvre, piégeant des oiseaux, faisant de la balançoire. Nous traquons dans ces bas-reliefs les lointains échos de leur origine antique. Grâce à un document officiel du Ministère de la Culture et de la Communication nous identifions l'auteur d'un modèle souvent copié, déformé pour les besoins du commerce, à la source de nombreuses variantes et surmoulages.







vendredi 13 décembre 2013

La famille Gennerat






Marie Augustine Virgine Gennerat (1861-1881). Médaillon de Duchoiselle. 5 bd Morland, IVe ardt.

Où, ne parvenant pas à construire un billet, nous proposons des fragments que le flâneur complètera de ses rêveries


vendredi 29 novembre 2013

Bacchanales d'enfants 2 : Chèvres et Boucs parisiens




Une des parties de la fontaine des quatre saisons, 57 rue de Grenelle, VIe ardt, sculptée par Bouchardon vers 1744, sous le règne de Louis XV. Les fêtes religieuses romaines marquaient le temps et c'est à bon droit que cette scène de vendange aux références bachiques représente l'automne.



Où nous retrouvons la gente caprine aux mains des enfants, sur les murs parisiens, et où ces marmots se sont laissés aller à l'abus du jus d'octobre, disputant les grappes de raisin aux bêtes à cornes. Nous rappelons le contexte antique dans lequel ces scènes baignent, et découvrons des bacchanales d'enfants avec chèvre ou bouc... Jusqu'à plus soif !