samedi 5 octobre 2013

Familles parisiennes 5




Bas relief en terre cuite émaillée par Léon Ernest Drivier décorant l'entrée de la fondation Rothschild, 1907, 117 rue de Belleville, XIXe ardt.




Au tournant du XXe siècle la conception de la famille se transforme petit à petit et certains cherchent à rapprocher le progrès social et scientifique, qui va s'affirmant, avec la vision traditionnelle du foyer.
Est-que les immeubles construits à Paris par la fondation Rothschild sont une amélioration par rapport au familistère de Jean-Baptiste Godin à Guise ? Bien que n'étant pas de même nature, ils ont une aspiration commune à réduire la paupérisation de la classe ouvrière. Les marieurs et les marieuses sont concurrencés par les petites annonces. Mr Piffault est moderne mais pas jusqu'à concevoir que la femme abandonne la confection du pot au feu. Enfin les livrets de famille modèle 1923 délivrent des conseils détaillés sur les soins à apporter au nouveau né durant ses premiers mois afin de lutter contre la mortalité infantile.








FONDATION ROTHSCHILD POUR L'AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE L'EXISTENCE MATÉRIELLE DES TRAVAILLEURS

Après avoir organisé un premier immeuble rue du Marché Popincourt, n° 1, un second rue de Belleville, n° 121, la Fondation Rothschild a construit un troisième immeuble rue de Prague, avec ouvertures sur les rues Théophile Roussel, Charles Baudelaire, Émile Castelar.
Jusqu'à présent, la Fondation semblait avoir pris pour devise : « faire bien » ; elle y ajoute « faire grand ». Grand et bien, — c'est là un assemblage de mots difficile à mettre en rapport, dans la réalité.
Et pourtant quand on pénètre sous le large porche qui s'ouvre sur la rue de Prague, et que l'on regarde ces vastes bâtiments de brique, aux fenêtres multiples, prenant l'air et la lumière, non plus sur des courettes lugubres, mais sur des cours spacieuses où des arbres poussent, où des fleurs s'épanouissent, on peut, a priori, déclarer que tout a été prévu, que tout a été compris, que tout a été bâti pour le bien de ceux qui ont la bonne fortune de loger là.
Mais une observation doit être faite dès le principe : cet immeuble, comme les autres déjà faits, est un immeuble de placement; le capital consacré, 3.800.000 francs environ, doit rapporter en plein exercice 3 p. 100 ; il n'y a donc pas là une œuvre philanthropique, mais une œuvre sociale.
Ce groupe nouveau se compose de 321 logements et de 36 ateliers, dont quelques-uns avec logements ; mais alors que les ateliers ont leur escalier particulier, les logements se desservent par un autre.
Pour entrer, pas de conditions indispensables : ouvrières, petits employés à salaires bas, jeunes ménages, célibataires mêmes peuvent postuler, et les postulants sont nombreux, puisqu'à l'heure présente 3.600 demandes sont classées. Ces demandes font toutes l'objet d'une enquête que l'Office central fait avec le plus grand soin.
De plus, les questions de culte n'ont aucune importance ; aussi toutes les opinions sont-elles représentées chez les 1.250 habitants de l'immeuble.

Et maintenant il faut voir ; regardons.
Les escaliers sont tous en pierres, ciment, carreaux vernissés, propres, admirablement tenus. Du reste, comment pourraient-ils être souillés, puisque l'on a résolu le délicat problème des ordures ménagères? - Dans chaque escalier des ouvertures qu'un couvercle vient obturer donnent sur un vaste tuyau en ciment, les ordures y sont versées, et recueillies au rez-de-chaussée dans des sacs, que les chiffonniers viennent enlever le matin : quant au tuyau, il est nettoyé chaque jour au moyen d'une chasse d'eau.
Les escaliers donnent accès aux logements qui se décomposent ainsi : 1° Quatre chambres, entrée, cuisine, w.-c. et cave, dont le prix varie de 480 à 540 francs, moyenne 514 francs ; 2° Trois chambres, entrée, cuisine, w.-c. et cave, dont le prix varie de 420 à 540 francs, moyenne 484 francs ; 3° Deux chambres, entrée, cuisine, w.-c. et cave, dont le prix varie de 260 à 440 francs, moyenne 379 francs ; : 4° Une chambre, entrée, cuisine, w.-c. sans cave, dont le prix varie de 200 à 300 francs, moyenne 275 francs ; et sur des ateliers dont les prix de location varient de 250 francs à 500 francs ; parmi ces ateliers quelques-uns ont un logement annexe.
Tous les logements sont livrés avec les appareils électriques tout installés et prêts à fonctionner. Aucune formalité à remplir, aucun abonnement à contracter, tout a été supprimé par le compteur à pré paiement. Les locataires sont dès lors libres de se servir de l'électricité, d'en user toujours, ou seulement de temps en temps. Le gaz est de plus installé dans la cuisine. Organisés de cette façon, les logements doivent présenter le maximum de confort, et c'est bien l'impression qui se dégage quand on visite ces locaux où la lumière et l'air entrent à flots pressés. L'hygiène a déjà satisfaction.




Bas relief en pierre par Léon Ernest Drivier décorant l'entrée de la fondation Rothschild,vers 1908, 8 rue de Prague, XIIe ardt.




Grâce à la prévoyance des fondateurs elle l'aura pleine et entière.
Un lavoir a été réservé aux seuls locataires, et il a été organisé avec tous les perfectionnements modernes. Ce lavoir a 42 places. Là les ménagères ont le choix entre différents tarifs, suivant qu'elles lavent plus ou moins de linge. C'est ainsi que, lavant par semaine au moins 12 kilos de linge, elles ont droit à une réduction de 33 p. 100 sur les tarifs.
A côté du lavoir, ce sont des bains-douches dont le tarif a été fixé à 0 fr. 25 pour le bain et 0 fr. 10 pour la douche.
Comme les ménages ainsi logés ont des enfants, et que souvent les parents sont condamnés à sortir pour les nécessités même de l'existence, une garderie enfantine a été ouverte ; elle fonctionne tous les jours, dimanches et fêtes exceptés, le matin de 8 heures à midi, l'après-midi de 2 heures à 7 heures ; les enfants sont admis de trois à six ans, sont soumis périodiquement à une visite médicale ; le prix des journées de garde est de dix centimes, des abonnements et des réductions pouvant être donnés.
Les enfants allant à l'école ont besoin d'être surveillés pour que la rue ne les prenne pas ; on a organisé des écoles de garde ouvertes tous les jours de classe, de 4 h. 30 à 6 h. 30, et le jeudi, de 8 h. 30 à 11 h. 30 le matin; le soir, de 2 heures à 6 h. 30. Là on reçoit de 6 à 14 ans les enfants des locataires, et on apprend aux filles à coudre, raccommoder, tailler les vêtements simples, etc. ; aux garçons à faire des travaux de bois, de raccommodage des chaussures, etc. Le prix d'admission est de 2 fr. 50 par mois.
Pendant les vacances on procure aux enfants les bienfaits des colonies scolaires.
Enfin, pour compléter l'instruction, des cours d'adultes sont organisés le soir. Ils portent sur la puériculture, l'hygiène, les premiers soins à donner aux malades, l'éducation des enfants, la cuisine, économie domestique, les soins du ménage, etc. Le prix a été fixé à 1 fr. 50 par mois. Madame Moll-Weiss dirige cette partie de l'enseignement avec tout le dévouement dont elle a toujours donné le noble exemple.
Ce n'est pas tout. Songeant aux ouvriers toujours dehors, n'ayant bien souvent pas le temps de faire la cuisine, la Fondation a installé une cuisine ménagère, ouverte non seulement aux locataires de ses immeubles, mais à tous les gens du quartier ; de 11 heures du matin a 1 heure, et le soir de 6 heures à 8 heures, elle donne des mets chauds à emporter, des soupes entre 0 fr. 10 et 0 fr. 40, des portions de viande de 0 fr. 35 à 0 fr. 50, des légumes entre 0 fr. 15 et 0 fr. 20, du poisson entre 0 fr. 25 et 0 fr. 40, des entremets entre 0 fr. 15 et 0 fr. 25.
Mais, hélas ! on peut souffrir, on peut craindre la maladie malgré l'air, la salubrité du milieu, l'hygiène, la bonne nourriture ; on peut craindre pour un enfant qui revient de l'école avec mauvaise mine.
La Fondation a encore songé à cela ; elle a créé un dispensaire avec service de consultations médicales pour adultes, le prix de la consultation que perçoit l'œuvre étant fixé à 0 fr. 50 par personne; pour nourrissons, absolument gratuites. Mais ces consultations qui sont plutôt des avis et qui sont organisées pour empêcher les locataires de se rendre chez des donneurs de conseils souvent maladroits, parfois criminels, ne sont données qu'au dispensaire, et le malade à la chambre doit faire appeler son médecin habituel.
Enfin, comme la mort fait toujours son œuvre, malgré tout ce que l'on peut faire pour éviter sa venue, et comme l'aspect de la mort est toujours triste pour ceux qui restent, toujours impressionnant pour les enfants qui comprennent mal le sens d'une vie dont ils n'ont encore parcouru que les premières étapes, on a relégué la mort ; mais comme il est doux de rendre à ceux que l'on a aimés les derniers devoirs, comme il est parfois salutaire de songer au passé, et d'essayer de deviner l'avenir auprès du corps de l'ancêtre ou de l'enfant, la Fondation a établi pour la mort une salle spéciale écartée, réservée, et en communication directe avec la rue. La mort peut passer dans l'immeuble, l'immeuble ne respire que la vie.
Un point délicat restait à élucider, étant donnée la qualité du locataire (à l'heure présente on compte 60, 66 p. 100 d'ouvriers pour 39, 34 p. 100 d'employés ou autres) : le point du paiement des loyers.
On a adopté des moyens à la convenance de tous : les uns payent à la semaine, d'autres à la quinzaine, d'autres au mois, cependant la majorité paye au mois ; mais tout le monde paye régulièrement, parce que l'on est arrivé à faire comprendre à ces locataires que chaque retard ne fait qu'amener la gêne et tout ce qui s'en suit.
Tel est, en résumé, ce que l'on peut voir rue de Prague, et quand on a pour vous instruire un guide comme M. Schneider, dont la conviction vous pénètre et vous emporte tout entier ; quand on peut avec M. Cassel étudier la mentalité de ces gens qui peuvent vivre plus heureux que beaucoup, grâce à de généreux fondateurs, on sort enthousiasmé de ce que l'on peut faire quand on a la volonté, le temps et l'argent pour le faire.





Couverture du numéro 5 de la Revue pour Tous, 1897, source Gallica.









Reste à savoir si ce bien réel n'est pas le commencement d'un mal plus grand, et si la question sociale que l'on s'efforce de solutionner d'un côté ne se présentera pas plus complexe et plus grave de l'autre, simplement parce qu'en faisant le bonheur des uns, on aura provoqué le malheur et la ruine des autres. L'avenir dira si les philanthropes d'aujourd'hui, les vrais philanthropes qui écrivent peu, qui parlent moins encore, mais qui agissent beaucoup en couvrant notre pays de maisons, d'hôpitaux, de cliniques, etc., ont été dans la vérité ou dans l'erreur. En attendant l'époque des grandes justices, les petits et les humbles d'aujourd'hui auront trouvé un adoucissement à leur médiocrité, un soulagement à leur tristesse, un apaisement à leur rancœur. Et ceux qui accomplissent une aussi belle besogne méritent qu'on les salue et qu'on les remercie.
La Revue philanthropique A-C. Belmin, 1910-1911.






Sculpture décorative en cul-de-lampe, angle du 8 rue Fessart et de la rue de la Villette, 1909, XIXe ardt.












Sculpture décorative en cul-de-lampe, angle du 8 rue Fessart et de la rue de la Villette, 1909, XIXe ardt. On note la fantaisie du sculpteur ou de ses commanditaires d'avoir donné un caractère médiéval à sa famille, avec le détail du reflet de la femme dans ce qui semble un miroir en bronze.





( Concernant le familistère Godin de Guise )
Quant à l'humanité familistérienne, elle est propre. 1° Un père de famille de cinq ou six enfants ne pourra rentrer au palais social, et pour le motif d'avoir eu trop d'enfants, exposé à être renvoyé au bagne quand l'ouvrage n'ira pas trop bien ; et pourtant, il aura produit autant qu'un habitant du familistère ; même mieux. Quand le père de famille vient à mourir avant d'avoir 15 ans de présence aux ateliers, on flanque la veuve et les orphelins à la porte en leur offrant 200 fr. selon les ordres du conseil de gérance ; ou bien on attendra que la veuve ait un peu oublié la mort de son époux, et on lui présente sous toutes réserves un nouveau galant qui se chargera de combler le vide.
Quant aux réclamations des ouvriers, il y a un comité de délégués qui propose de donner tant aux malades, ou s'occupe de mettre un vieux disloqué en retraite, des augmentations de salaire, et subventions pour arriver à vivre. Mais le conseil de gérance est là pour annuler toutes les décisions prises par les ouvriers ou de les envoyer à la niche ; comme le fait un certain maganas de Polonais, que l'on appelle Séchutovick.
Voilà travailleurs étrangers du familistère, comment l'on est dupé dans cet éden du travail. 1° Pourtant M. Godin disait dans ses conférences que la vie était garantie à tous ses ouvriers : la preuve est là, c'est qu'on est obligé de soutenir plusieurs travailleurs pour ne pas qu'ils crèvent de faim.
Quant aux caisses qui sont instituées, c'est toujours avec les retenues, amendes ou cotisations, que l'habile fondateur a pu fonder des caisses de secours mutuel et de retraites pour la vieillesse qui est durement arrachée, et pas toujours donnée. Quant à la répartition des bénéfices soi-disant cédée aux ouvriers, n'importe quel habile personnage de son espèce qui serait assez ambitieux, pour que l'on parle de lui, ne serait gêné de les donner, tout en ayant une fortune évaluée à 20 millions, et tout en s'octroyant consciencieusement un titre qui pourrait porter 400.000 fr. !
Inutile d'en dire davantage, nous espérons pouvoir un jour nous expliquer plus longuement ; mais quant à nous autres anarchistes, M. Godin n'emporte pas notre estime dans sa tombe, car il a une tache qui n'est pas digne d'un socialiste pacificateur ; c'est d'avoir voté des félicitations à l'armée de Versailles qui venait d'assassiner 35.000 Parisiens défendant le droit et la justice. Et nous ne cesserons de le répéter, cet homme figure dans les annales des bandits qui siégeaient à Versailles pour maintenir l'ordre et le régime capitaliste actuel ; ordre qui permet au gros richard de sa sorte d'exploiter les travailleurs, et de les priver de travail quand ils osent revendiquer leurs intérêts contre tous les coquins qui les oppriment.
L'idée Ouvrière n°22, du 5 au 11 février 1888.





Couverture du numéro 1 de la revue Le Foyer, 19 octobre 1895, source Gallica.







Les mariages d'intérêt sont en général conclus par l'entremise des marieurs et des marieuses. Dans toutes les classes sociales, on retrouve cette catégorie de gens qui se sont créé une spécialité : celle de marier les autres ; quelques-uns le font dans un espoir de lucre, mais le plus grand nombre par pur dilettantisme.
Il semble qu'une mission leur ait été confiée, et qu'elles accomplissent un sacerdoce.
Elles ont des règles invariables dont elles ne s'écartent jamais, et elles ne visent le plus souvent qu'à équilibrer des fortunes, laissant au second plan les personnes.
Que leur importe la jeune fille ! Elles ont besoin de sa dot pour le jeune homme dont elles s'occupent; et la réciproque est également vraie, la personnalité du jeune homme leur est indifférente s'il occupe la situation qu'elles rêvent pour la jeune fille qu'elles veulent marier.
Ces unions par intermédiaires sont encore plus néfastes.
Si quelquefois le hasard permet que des mariages d'intérêt aient une autre issue heureuse, s'il arrive que les caractères sympathisent, après s'être au moins pressentis, il est fort rare que réussisse une union contractée sans même que les parties en cause se soient quelquefois jamais vues.
On ne saurait mieux comparer la marieuse qu'à une cuisinière inexpérimentée mêlant dans un ragoût les éléments les plus hétérogènes, le lapin au poisson, avec la prétention de faire trouver l'ensemble délicieux.
Certes, il s'est rencontré à toutes les époques le type de la marieuse, mais autrefois c'était la question d'intérêt qui était secondaire, et il s'agissait avant tout d'unir les cœurs.
Quelle différence avec ce qui se passe de nos jours ! Certains salons sont devenus en quelque sorte des agences, où le jeune homme en quête d'une dot, travaille tout d'abord à se faire présenter, sachant bien qu'il trouvera là, par l'intermédiaire parfois désintéressé mais le plus souvent onéreux, de la maîtresse de maison un lot de jeunes filles riches parmi lesquelles il pourra faire un choix.
Le prêtre aussi joue un grand rôle dans les mariages d'intérêt. Sa situation lui donne accès dans les familles, et comment résister à l'ancien élève, au bon petit jeune homme, chaudement recommandé, qui voudrait s'établir ?
Et l'ancien précepteur, le directeur de la maman, se met en campagne, et il est rare .qu'il ne parvienne pas à dénicher quelque part la dot convoitée.
Il est bien évident que par un tel intermédiaire la question du cœur ne saurait être mise en jeu. Son caractère sacerdotal lui interdit même de voir dans le mariage autre chose qu'une union conforme aux lois de l'Église et de la morale courante, et il s'inquiète fort peu de ce qui se passera plus tard entre les deux êtres qu'il a unis. Ils sont mariés, tout est là !
C'est ainsi depuis que la vie à outrance a tué l'amour, que se sont épanouies ces nombreuses agences, les unes quasi officielles, les autres interlopes, qui se sont créé la spécialité des mariages d'intérêt. Cette industrie répondait à un besoin et elle va chaque jour en florissant, semant la société d'unions hâtives, disparates et forcément malheureuses.






 Décoration sculptée par Ardoin, architecte Falp, 2 rue Dorian, 1905, XIIe ardt.
Voir l'excellent post de Paris 1900 sur leurs réalisations.



Ce métier d'entremetteuse ne s'exerça d'abord que d'une façon presque clandestine ; il s'attachait à cette profession une certaine suspicion comme celle qui frappe l'usurier, par exemple
Mais, devant le flot montant de la clientèle les directeurs et les directrices de ces singuliers bureaux de placement levèrent la tête et se décidèrent à agir au grand jour. Ce qui n'était qu'une tolérance au début entra si bien dans les mœurs que l'on.considère comme absolument normal le fonctionnement de cette bizarre industrie.
Mais, en vertu de ce principe que l'exploitation des passions mauvaises est toujours fructueuse, on vit bientôt s'ériger, à côté de certaines agences relativement honnêtes, des maisons similaires, dont le seul but était de rançonner sans pitié les gens assez dépourvus de sens moral pour demander leur appui dans la chasse à la dot.
Nous ne voulons pas rappeler les trop fréquents scandales qui ont révélé l'existence de ces sentines interlopes où se sont fourvoyés parfois des naïfs, mais aussi où souvent des cyniques se sont trouvés en présence de plus cyniques qu'eux-mêmes.
Du reste, un nouveau mode de relations tend à remplacer les intermédiaires. Ce sont ces annonces matrimoniales qui, de jour en jour plus nombreuses, encombrent la quatrième page de certains journaux ; et il y a là un symptôme affligeant, car il démontre clairement que la femme de nos jours a pris son parti de sa situation et qu'elle accepte ce honteux marchandage, quand ce n'est pas elle-même qui, s'offre en vente.
Les agences, - nous parlons de celles où les choses se passent d'une façon relativement honnêtes, - ont du moins cet avantage de sauvegarder les apparences; elles agissent ordinairement avec une certaine discrétion et se tiennent prudemment dans la coulisse ; une jeune fille recherchée en mariage par leur intermédiaire peut encore conserver l'illusion que c'est pour elle-même qu'elle est demandée.
Mais l'annonce cynique et brutale ne laisse pas la moindre place au doute.
Il n'y a là qu'une opération commerciale, une sorte de maquignonnage où les parties essaient de se tromper mutuellement sur leur valeur respective.
On est stupéfié, parfois, de l'audace frisant l'inconscience qui préside à la rédaction de certaines de ces annonces.
Que penser du : Jeune homme titré, revers de fortune, épouserait jeune fille avec dot. Et d'autres vont plus loin encore, ils ajoutent sans vergogne à cette offre : même ayant tache.
Mais, si souvent, comme contre-partie, les chasseurs de dot se trouvent mystifiés par quelque Orpheline, 800,000 francs et espérances, il se rencontre malheureusement des parents assez aveugles pour sacrifier le bonheur de leur fille à la merveilleuse perspective d'un titre ronflant qui n'est souvent qu'apocryphe.
Il est juste d'ajouter que, parmi ces annonces alléchantes, bon nombre sont l’œuvre de joyeux fumistes, mais il n'en est pas moins certain que ces procèdes à l'américaine, qui tendent à s'implanter de plus en plus dans nos mœurs, ne pourront que hâter à bref délai la disparition complète du mariage légal.
L'union des sexes deviendra une simple association d'intérêts, une sorte de maison de commerce sous une raison sociale, et ce ne sera plus aux portes des mairies que se liront les publications de mariage, mais dans les Petites Affiches.
La femme et l'épouse, Pol de Saint-Merry, 1902




Publicité pour le chausseur Frétin, numéro 2 du  journal " La Femme de France " 9 août 1879, source Gallica.








 Décoration sculptée par Ardoin, architecte Falp, 2 rue Dorian, 1905, XIIe ardt.
Voir l'excellent post de Paris 1900 sur leurs réalisations.








C'est un fait, et très alarmant, que la famille, surtout en France, ne suffit plus à sa fonction. Débordée par les nécessités économiques, dissociée par le relâchement des mœurs, elle ne s'est pas haussée jusqu'au plan de ses devoirs nouveaux. Notre vie sociale a été trop rapidement transformée par la science. Pour en maintenir les cadres, il fallait que la famille devînt elle-même plus savante et plus robuste, je veux dire capable d'adapter à des conditions nouvelles la vie et les traditions du foyer. Mais travail et plaisir ont appelé de plus en plus hors de la maison non seulement le mari, mais la femme, les enfants mêmes. Et le mouvement de nos mœurs, qui fait fléchir à leur tour nos institutions, tend à faire du mariage une union toujours plus libre, temporaire, accidentelle ; du foyer un refuge obligé pour certaines heures, mais volontiers délaissé, le lieu des heures ennuyeuses ou banales. On y passe le moins de temps possible ; on le quitte pour chercher au dehors le plaisir aussi bien que le travail. Et ni l'un ni l'autre ne rapprochent mari, femmes, enfants. Chacun sa vie, - et son bien-être.




Bas relief d'André César Vermare, 1908, Saulnier architecte, 3 rue Cassini, XIVe ardt.






Voilà, ce semble, où nous allons. Et c'est de quoi beaucoup de gens prennent leur parti. La famille faiblit : on la remplacera. Elle n'a plus le temps ou te désir de s'occuper des enfants : l'État se chargera des enfants « au partir de la nourrice », ou même plus tôt, jusqu'à la majorité. Des pouponnières et des écoles remplaceront les foyers déserts. Des spécialistes de l'éducation remplaceront la mère et le père, libres désormais, comme deux célibataires, de leurs loisirs. Le fait capital, et qui domine les autres, c'est que la femme mariée quitte la maison pour gagner sa vie ou pour jouir de la vie. Il n'y a plus de famille quand la femme n'est plus là.





 Collage de Léo & Pipo, 2012, il n'en reste actuellement qu'une trace, rue du docteur Germain Sée, XVIe ardt





Nous n'avons pas le droit d'en prendre notre parti. Ce n'est ni la vérité sociale, ni la vérité morale. L’État fera faillite à vouloir se charger de tout. On ne remplacera pas la famille. Il faut lui rendre sa vie en rendant son rôle à la femme, au lieu de la « viriliser » ; il faut apprendre à la femme à remplir ce rôle dans une existence plus compliquée et plus savante, en préparant par l'éducation « la femme de foyer » moderne. C'est l'idée maîtresse de cet ouvrage, celle en tout cas qui me parait la plus importante, et que je félicite M. Piffault d'avoir défendue.





Foyer aviaire, P. Seguin sculpteur, L. Cordier entrepreneur, 5 bis rue du Chemin Vert, XIe ardt.







Il l'a fait de la meilleure façon, et mieux que par un plaidoyer, en montrant ce qu'il y a à faire et comment on le peut faire. Il faut définir d'abord les principes et l'organisation pratique de l'éducation ménagère moderne. Les principes, il les demande aux sciences physiques et naturelles et à l'éducation morale. L'organisation, il la confie à l'école jusqu'au jour où les mères d'une génération nouvelle, formées par l'école, seront capables de s'en charger. On verra comment il a mis ces idées en œuvre, et quel intérêt il a su donner aux moindres détails pratiques, en les retenant toujours sous la lumière des principes. A la chaleur de ses convictions, il joint un savoir étendu, varié, précis, puisé aux travaux les plus récents, une rare compétence d'éducateur qui connaît bien les choses de l'école, mais aussi bien celles de la famille. Il les exprime en des analyses aussi agréables qu'instructives, pleines de finesse et de sens pratique, de tact et de pénétration pédagogiques. Qu'il parle du vêtement ou de la cuisine, du potager ou du budget, il excelle, non seulement à dire tout ce que la ménagère doit savoir, mais à dégager le sentiment qui rehausse toutes ces tâches de poésie et de beauté. Car, n'en déplaise aux dilettanti et à l'auteur du Jardin d’Épicure, les soins du ménage et le pot-au-feu lui-même ne flétrissent chez les femmes intelligentes ni la jeunesse, ni la beauté ni la joie. Celles-là seules pensent le contraire qui oublient que la ménagère est aussi l'épouse, la mère, l'éducatrice. M. Piffault le leur rappelle avec une sagesse persuasive qui a le courage, quand il le faut, de prendre parti contre les idées courantes. Avec des chiffres il montre que la femme exclusivement ménagère, mais bonne ménagère, apporte plus au budget familial que la femme ouvrière ; il répond aux nietzschéennes que la femme est par nature conservatrice, et que ses qualités sont la patience, le courage, la douceur. Il démontre que la mère est la première, la plus nécessaire éducatrice, que son action peut et doit, parallèlement à celle de l'école, s'exercer au delà de la première enfance, surtout pour les filles. « Les mères françaises attendent trop de l'école ; la mère peut faire de la maison familiale une seconde école, et doit sauvegarder l'individualité de l'enfant contre la tendance de l'école à uniformiser les esprits. » De tout cela M. Piffault parle en pédagogue de métier, qui sait bien son métier, mais le domine (voyez, par exemple, les leçons de sciences naturelles, p. 198 et suiv.), en homme de goût (voyez le chapitre sur l'éducation esthétique), en moraliste convaincu et avisé, en père de famille enfin, très entendu en économie domestique, et qui a acquis un sens très fin, j'allais dire féminin, des choses du ménage.
Charles Chabot, préface à La femme de foyer : éducation ménagère des jeunes filles , par Alphonse Piffault, 1908



Jeune fille lisant par G. Guerard sculpteur, 1960, école 50 rue de Montreuil, Versailles, Yvelines.










Famille triomphante de l'entre-deux-guerres, Bas relief du sculpteur Raymond Delamarre, 1934, Émile Boursier architecte, 14 rue Chomel, VIIe ardt.



AVIS IMPORTANT
en ce qui concerne les nouveau-nés
Si les paupières de l'enfant sont ou rouges, ou enflées ou collées, si elles laissent suinter du liquide ou du pus,
Sachez qu’il ne s'agit pas d'un " courant d'air ", mais d'une maladie grave.
Méfiez-vous de l'ophtalmie qui peut le rendre aveugle et faites-le immédiatement, le jour même, examiner et soigner par un médecin.


INSTRUCTIONS DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
SUR
LES SOINS A DONNER AUX ENFANTS DU PREMIER AGE


Allaitement naturel

1° L'allaitement de l'enfant nouveau-né par sa mère, ou, à son défaut, par une nourrice, sous les yeux de la famille, est le mode de nourriture qui donne les résultats les plus heureux et diminue le plus les chances de mortalité des enfants.
2° Le lait doit constituer la principale nourriture de l'enfant pendant sa première année au moins, c'est-à-dire jusqu’après l'apparition des dix ou douze premières dents.
3° Il est dangereux de donner à l'enfant, dès les premiers mois, une nourriture solide, et il ne faut pas oublier que c’est l'alimentation prématurée qui fait le plus de victimes chez les jeunes enfants.
4° Pendant les deux premiers jours qui suivent la naissance et en attendant la montée du lait chez la mère ou l’arrivée d'une nourrice, l’enfant peut être alimenté avec de l'eau, légèrement sucrée et tiédie, dont on donne une ou deux cuillerées à dessert toutes les deux heures et selon ses besoins, en y ajoutant, s’il le faut, un peu de lait.
5° Dès qu’il prend le sein, l'enfant doit y être mis toutes les deux heures environ, et moins souvent pendant la nuit. Il faut toutefois proportionner le nombre des tétées à ses besoins, à son appétit, à sa force.
6° Il ne faut jamais réveiller l'enfant pour le mettre au sein, à moins qu’il ne soit très faible et que son sommeil se prolonge au delà de trois heures pendant le jour et de cinq ou six heures pendant la nuit.
7° Il est très dangereux que la mère ou la nourrice couchent l'enfant dans leur lit et le médecin doit le leur défendre absolument.
8° En cas de grossesse, toute mère ou nourrice doit progressivement cesser l'allaitement pour ne pas compromettre la a santé du nourrisson.




 "Les Joies de la Famille " par Horace Daillion, marbre de 1888, Jardins du Luxembourg, VIe ardt.




Allaitement mixte

9° En cas d'insuffisance du lait de la mère, ou de fatigue, ou de maladie de celle-ci, on peut, après les deux ou trois premiers mois d’allaitement, et même plus tôt, dans certaines circonstances, alterner les tétées deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures avec l'allaitement artificiel, selon les règles indiquées ci-dessous.

Allaitement artificiel

10° Si la mère ne peut allaiter et si l'on ne peut se procurer une nourrice, il faut nourrir l’enfant avec le lait d’un animal (ânesse, vache ou chèvre).
Dès le deuxième jour de la naissance, on donne soit du lait d’ânesse pur, soit, à son défaut, du lait de vache ou de chèvre additionné d’eau. Ce lait sera pris, s’il est possible, au commencement de la traite et sur un animal ayant récemment mis bas.
11° Le coupage du lait de vache ou de chèvre doit être opéré avec de l'eau pure bouillie, et non avec des infusions ou des décoctions. Sauf dans les cas d'indispositions (voyez plus loin), ce coupage doit se faire et être donné dans les proportions suivantes :
12° Pendant les huit premiers jours, moitié lait pur et moitié eau ; en donner deux ou trois cuillerées à bouche toutes les deux heures.
Pendant les jours suivants, jusqu’à la fin du premier mois, deux tiers de lait pur et un tiers d’eau ; quatre à cinq cuillerées à bouche toutes les deux heures, selon la tolérance de l'estomac.
Dès le commencement du deuxième mois, le coupage du lait pourra être réduit au quart (trois quarts de lait pur, un quart d’eau) et la dose du liquide portée à un demi-verre environ toutes les deux heures.
Au troisième mois, et les mois suivants, cette dose sera d’un verre toutes les trois heures. Ce n’est qu’à partir du troisième mois que le lait sera donné pur.
13° La quantité de lait coupé ou pur varie d’ailleurs suivant l’appétit, les aptitudes digestives et l’état de santé ou de maladie de l'enfant, selon aussi la force et la pureté du lait.
14° Autant que possible, le lait sera renouvelé toutes les douze heures (traites du matin et du soir). Il doit être chauffé jusqu’à l’ébullition, puis écrémé et conservé au frais dans un vase de terre ou de porcelaine d’une parfaite propreté. Pour le donner ensuite à l'enfant, il sera tiédi au bain-marie ou sur la cendre chaude.
15° Quel que soit le vase dont on se sert pour faire boire le lait (cuiller, petit pot, verre ou biberon), il ne faut pas que ce vase soit en étain ou en plomb, et, s’il s’agit d’un biberon, il faut que l'embout soit fait de la substance du vase ou en caoutchouc naturel et non en caoutchouc vulcanisé.
Le biberon à tube est funeste et doit être absolument proscrit.
Un même biberon ne doit jamais servir à plusieurs enfants.
16° Ces divers vases ne doivent contenir que la quantité de lait nécessaire pour chaque repas,et il faut jeter le lait restant au fond du vase, parce qu’il pourrait s’aigrir.
17° Il faut aussi que ces vases soient nettoyés avec soin, chaque fois que l’on s'en est servi, et tenus dans un état d’extrême propreté. Dans l'intervalle des repas, le biberon restera plongé dans de l’eau que l’on aura purifiée par l’ébullition. Si l’on ne prenait pas ces précautions indispensables, le nouveau lait déposé dans les vases à boire s’altérerait et déterminerait bientôt des accidents (coliques, diarrhée) qui sont la principale cause de la mortalité des enfants.
18° C’est pour ce même motif qu’il faut éviter l’usage des suçons, de quelque nature qu’ils soient, que l’on a trop souvent l'habitude de laisser entre les lèvres des enfants pour les calmer.
19° Il faut se rappeler que l’allaitement artificiel exclusif augmente considérablement les chances de maladie et de mort lorsqu’il n’est pas pratiqué au milieu de la famille avec des soins minutieux, ou par des personnes expérimentées.
20° L’allaitement artificiel, déjà dangereux par lui-même, peut le devenir davantage encore, par suite de l’encombrement, lorsqu’il est appliqué dans un même local à un grand nombre d’enfants.
21° Vers le septième mois, on peut ajouter au lait d’animal, soit des jaunes d’œufs, de la farine de froment séchée au four. soit de la farine de riz, d’avoine, du tapioca, de l’arrow-root, etc., dont on fera des potages d’abord clairs et toujours bien cuits. Plus tard, on pourra, dans cette préparation, remplacer le lait par du bouillon de bœuf léger pour préparer l’enfant au sevrage.
22° En général, on devra s’abstenir des compositions diverses que le commerce recommande pour remplacer le lait ou les aliments sus indiqués.



Sculpture en pierre de Georges Lucien Vacossin, 1931, place Dulcie September, Xe ardt.





Sevrage

23° Le sevrage pourra être effectué à partir du neuvième mois, et même plutôt si les circonstances forcent d’y recourir; par exemple, lorsque le lait de la mère ou de la nourrice devient insuffisant. Mais, quand les conditions de l'allaitement au sein restent satisfaisantes, il est préférable de ne sevrer l'enfant qu’après le dixième mois, ou même après la première année.
24° Tout aliment solide devant être exclu, il n'est pas indispensable, pour la pratique du sevrage, que la dentition soit plus ou moins avancée. Mais il ne faut sevrer, ni à l’époque des grandes chaleurs, ni pendant une éruption dentaire active, ni pendant une indisposition de l’enfant. C’est dans l’intervalle de calme qu1 sépare les poussées dentaires que le sevrage peut être commencé.
25° On ne doit effectuer le sevrage que par degrés, c’est-à-dire qu’après avoir habitué progressivement l 'enfant à des aliments supplémentaires, tels que les potages légers avec le lait (voir l’article 21).
26° Le sevrage une fois accompli, on rendra peu à peu la nourriture de l’enfant plus substantielle, en ajoutant du pain trempé dans le jus de viande, des purées de légumes farineux ; mais il ne faut pas permettre l’usage de la viande avant l'éruption des premières grosses dents. De même, on interdira dans l’alimentation de l’enfant les gâteaux, les sucreries de toute espèce, le vin pur et les liqueurs.
27° Le sevrage graduel n’exige, pour la mère ou la nourrice, que certaines précautions et une légère médication au moment où elles cessent complètement d’allaiter : quelques purgatifs, des tisanes diurétiques ou acidulées.


Soins hygiéniques et vêtements

28° Dès les premiers moments qui suivent la naissance de l’enfant, la sage-femme doit lui laver tout spécialement les yeux avec de l’eau que l’on a fait bouillir pour la purifier et que l’on emploiera tiède.
29° L’enfant sera élevé dans une chambre autant que possible bien aérée et suffisamment chauffée en hiver.
30° L'enfant, même né à terme et bien portant, ne doit pas être sorti avant le quinzième jour, à moins que la température extérieure ne soit très douce et très sèche. Ne pas oublier que souvent c’est par la respiration d’un air froid ou trop vif que l’enfant contracte une bronchite.
31° Chaque matin, la toilette de l’enfant doit être faite avant la mise au sein ou le repas.
Cette toilette se compose : 1° d’un bain de quelques minutes ou du lavage du corps, surtout des organes génitaux et du siège, qui doivent toujours être tenus très propres; 2° du nettoyage de la tête, sur laquelle il ne faut jamais laisser accumuler la crasse ou les croûtes; 3° du changement de linge :la bande enroulée autour du ventre pour maintenir l'ombilic (nombril) doit être conservée pendant le premier mois.
32° Il faut rejeter absolument le maillot complet, c’est-à-dire celui qui enveloppe et serre ensemble, à l'aide de bandes, etc., les quatre membres et le corps ; car, plus l'enfant a de liberté dans ses mouvements, plus il devient robuste et bien conformé. Rejeter aussi tout bandage qui comprime la tête.
33° L’enfant doit être vêtu plus ou moins chaudement, selon le pays qu’il habite et selon les saisons. Mais il faut toujours le préserver avec soin du froid comme de l'excès de chaleur, soit au dehors, soit dans l'intérieur des habitations, dans lesquelles cependant l'air doit être suffisamment renouvelé, comme nous l’avons dit plus haut.



Sculpture en pierre de Georges Lucien Vacossin, détail, 1931, place Dulcie September, Xe ardt.







34° Il ne faut pas se hâter de faire marcher l’enfant: on doit le laisser avec ses propres forces se traîner à terre et se relever ; il faut donc rejeter l’usage des chariots et des paniers.
35° On ne doit jamais laisser sans soins chez l'enfant les moindres indispositions (toux, coliques, diarrhée, vomissements fréquents) ; il faut appeler le médecin des le début.
36° Il est indispensable de faire vacciner l'enfant, dans les trois premiers mois qui suivent sa naissance, ou même plus tôt s’il règne une épidémie de petite variole ; le vaccin est le seul préservatif certain de cette maladie.
Livret de famille modèle 1923 délivré aux époux lors de leur mariage.






Début de l' "Avis important en ce qui concerne les nouveau-nés ", livret de famille modèle 1923, archives A. Fantelin.










Trois frères ? Sculpture de M. Rouillière, école 50 rue de Montreuil, Versailles, Yvelines


2 commentaires:

  1. Très bon article. Les auteurs du collage se nomment Léo & Pipo : http://www.flickr.com/photos/leoandpipo/6510027967/

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    1. Bonjour,
      Merci de l'information. Je n'avais pas vu de signature sur place...
      J'ai donc pu compléter la légende sous l'image et rendre ce qui est a Léo à Pipo et vice versa.
      Leur poétique qui fait, comme ressortir des murs, ces personnages oubliés, certains peut-être anonymes, d'autres possiblement nos aïeuls, est touchante. C'est rappeler les habitants derrière la ville, ceux qui l'ont fait et qui sont encore un peu là.
      Maintenant je reconnaitrais leurs collages, même non signés.
      André Fantelin

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