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jeudi 13 septembre 2018

Les eaux de Paris. 5 : Halte au gaspillage !




L'eau arrive dans les étages. Loge du concierge d'une cité-jardin de Suresnes, 12 avenue Alexandre Maistrasse, Hauts-de-Seine. 1932


Où, après un siècle de travaux, l'eau arrive enfin dans les étages, et où, après avoir tant incité à sa consommation, l'administration peine à la fournir en quantité suffisante

samedi 11 février 2017

Les eaux de Paris, 4 : 1880. La commission des odeurs



Fontaine d'applique en pierre. 47, rue de Maubeuge, IXe ardt.  2de moitié du XIXe siècle.


Où, dégoûtée par des odeurs nauséabondes, infectes, putrides, écœurantes, ignobles, insupportables, abjectes et répugnantes, l'opinion publique s'émeut, la presse s'indigne, et les politiques créent des commissions, et où nous découvrons les premières pollutions industrielles

jeudi 10 novembre 2016

Les eaux de Paris. 3 : Belgrand




Prise d'eau potable dans une cour d'immeuble. rue de l'échiquier, IXe ardt. Depuis
Haussmann, Paris possède deux réseaux d'alimentation en eau : un réseau pour l'eau
de rivière destiné au lavage et à l'industrie (service public) et un réseau d'eau de source
pour l'alimentation (service privé). La lutte fut acharnée pour imposer l'eau de source
et déclarer l'eau de rivière non potable.

Où un préfet à poigne, secondé par des techniciens efficaces, impose l'eau de source à des parisiens amateurs d'eau de Seine

mardi 5 juillet 2016

Les eaux de Paris. 2 : avant Haussmann




Fontaine d'applique dans une cour. Modèle des fonderies du Val d'Osne, 2ème moitié du XIXe s. IXe ardt.
Seuls les propriétaires avaient la possibilité de souscrire un abonnement. Dans un premier temps, le seul
point d'eau était dans la cour de l'immeuble. Les fontaines qui subsistent et qui datent de la seconde moitié
du XIXe siècle ne servaient sans doute qu'à nettoyer la cour.




Où l'on détourne les eaux de l'Ourcq pour étancher la soif grandissante de Paris, où l'on peut enfin nettoyer les rues encombrées d'immondices et curer les égouts envasés, où le Préfet Rambuteau installe partout des bornes-fontaines, et où l'on estime satisfait du travail accompli sans songer à amener une eau saine et abondante dans tous les domiciles.

lundi 11 avril 2016

Les eaux de Paris. 1 : Le temps des pompes





Décoration d'une fontaine privée. Passage Reilhac, Xe ardt.



Où, dressant un état des lieux de l'alimentation en eau au tout début du XIXe siècle, nous apprenons qu'on préférait l'eau de Seine à l'eau de source, mais qu'on la filtrait ; où nous voyons les premières machines emmagasiner le précieux liquide en hauteur afin de déployer à travers la ville un réseau de canalisations complet, capable d'atteindre jusqu'aux étages des immeubles ; où nous constatons enfin, qu'arrivé trop tôt, le progrès intéresse peu de monde.

vendredi 6 juin 2014

Épandage et maraîchage




Les derniers maraîchages de Seine-Saint-Denis résistent encore aux cités.  Rue d'Amiens, Stains, Seine-Saint-Denis.


Où nous découvrons le triste état de la Seine après le grand collecteur de Clichy, où la ville de Paris se débarrasse de matières encombrantes pour le plus grand bien des cultivateurs, où des indigènes hostiles au progrès se plaignent de nuisances, et où l'on emploie la pédagogie pour combattre les préjugés

vendredi 31 janvier 2014

Bacchanales d'enfants 4 : Jeux et Saisons 2





Jeux d'eau, les enfants s'ébattent dans une rivière ou un étang, ce qui peut symboliser l'été,  29 rue Bayen, XVIIe ardt, 1901.



Où nous retrouvons les Génies, les Esprits et les Amours, parents d’Éros et Cupidon et leurs frères les putti et satyreaux dans leurs aventures sculptées, peintes et gravées. Arrivés à ce quatrième billet, il faut bien avouer leur prolifération au cours des siècles, avec des hauts et des bas, mais sans totale discontinuité. Présents sous la forme d'une nombreuse population dans l'Antiquité, ils subsistent en pointillé au Moyen-Age, font un retour en force à la Renaissance, pour une apogée atteinte au XVIIIe siècle, au prix d'une édulcoration de leur nature initiale. Voici une moisson supplémentaire de bas-reliefs parisiens et banlieusards exposant leurs jeux, occupations, symbolisant les saisons. Et l'on peut penser à tous ces moulages où ils s'ébattent, encore cachés dans les cours et les couloirs des immeubles, répétant des modèles connus ou offrant de nouvelles compositions. La vie des putti au sein des bacchanales d'enfants est omniprésente et sans fin.




vendredi 8 février 2013

Jeune page Industriel





Jeune page par Mathurin Moreau, Candélabre, Fonderies du Val d'Osne, 1874, cour du 83 rue Daguerre, XIV ardt.


Alors que nous découvrons la plupart de nos sujets en usant nos semelles dans les rues, c'est grâce au cinéma que nous avons remarqué ce " Jeune Page ", présent comme figurant dans l'excellent film d'Agnès Varda, " Daguerréotypes ". En visionnant attentivement cette œuvre on pouvait déduire l'adresse exacte où trouver cette sculpture de fonte métallique. La matière dans laquelle cette statue semblait faite nous a amené très vite a en découvrir l'auteur, Mathurin Moreau, déjà rencontré dans  " Postérité d'Antinoüs ". Il ne restait plus qu'à aller sur place pour vérifier si le jeune page n'avait pas quitté la cour ! Son service semblait bien être de porter la lumière, puisque il s'agit plutôt du modèle candélabre.
Et donc où l'on se penche sur " l'Art Industriel " et la question principale qu'il soulève : Est-t-il plutôt de l'Art ou plutôt de l'Industrie ?




samedi 24 mars 2012

Postérité d'Antinoüs





Auteur inconnu actuellement, XIXe siècle, cour du 22 rue Dussoubs, IIe ardt
Mise à jour du 24 décembre 2012 : Il s'agit d'une décoration de fontaine créée par MATHURIN MOREAU ( 1822-1912 ) pour les fonderie du Val D'Osne, vers 1860.





Comment cette statue d'enfant égyptien porteur d'eau, rencontrée dans une cour parisienne, nous fait remonter jusqu'aux amours gréco-romaines de l'empereur Hadrien et d'Antinoüs.


dimanche 14 novembre 2010

Nivellement des Eaux







Sur la façade de la Maison d'Armande Béjart, 11 rue des Pierres, Meudon.




Le nivellement des eaux exige autant de connoissances physiques que celui des terres. Archimède découvrit une des principales lois de l'Hydrostatique, lorsqu'étant un jour entré dans le bain, il s'aperçut que l'eau, s'élevoit & refluoit sur les bords, en proportion du volume de son corps. Il fut si enchanté de cette découverte, qui nous paroît simple, mais qui avoit jusque-là échappé aux Physiciens, que transporté il sortit tout nud du bain public, & courut sur la place en s'écriant : Je l'ai trouvé, je l' ai trouvé. La connoissance de cette premiere vérité conduisit ce grand homme à la connoissance de plusieurs autres axiomes d'hydrostatique.

DE LA MANIÈRE DE NIVELER la pente des eaux.
On a déjà trouvé dans la seconde Partie de cet Ouvrage la méthode de niveler & de dresser les terres suivant une ligne de niveau ou de pente. Il s'agit ici du nivellement des eaux qui est infiniment plus difficile. Cette opération est de si grande conséquence que c'est d'elle que dépend la réussite d'une entreprise. Si l'on a mal nivelé, on ne connoîtra point exactement l'élévation du lieu où la source peut monter pour donner de la hauteur aux fontaines d'un jardin. Il convient donc, avant que d'entreprendre un ouvrage, de bien réfléchir sur les règles suivantes, & de recommencer un nivellement deux ou trois fois, tant pour le vérifier que pour corriger les erreurs inséparables de l'opération.
Niveler n'est autre chose que trouver avec un instrument deux points également distants du centre de la terre, & l'objet du nivellement est de savoir précisément combien un endroit est élevé ou abaissé au dessus de la superficie de la terre.
Une ligne véritablement de niveau parcourant le globe de la terre, est réputée courbe, à cause que tous les points de son étendue sont également éloignés du centre de la terre. Dans la pratique ordinaire on prend le niveau apparent, c'est-à-dire une ligne droite, pour le vrai niveau qui doit être une courbe. Quand la distance ne passe pas 100 toises, la différence du niveau apparent au vrai niveau, est insensible; mais à 300 toises il y a un pouce d'erreur selon la table des haussements du niveau apparent par-dessus le vrai niveau. Il se trouveroit une différence considérable dans un grand nivellement, si l'on ne corrigeoit l'excès du niveau apparent par-dessus le vrai niveau, il y a près d'un pied dans un nivellement de 1000 toises ; l'on donne rarement des coups de niveau de 300 toises de long d'une seule opération, la portée de la vue est trop faible pour s'étendre si loin, à moins qu'on n'applique au niveau une lunette à longue vue, ce qui facilite dans les grandes distance, mais l'imperfection des verres rend cette opération peu exacte ; la vue seule est encore moins sujette à se tromper.

Admirez ici, relativement à cette loi de la tendance des fluides à niveler leur surface, ce grand système de montagnes, de collines et de vallées, qui détermine le perpétuel écoulement des eaux, selon une pente ménagée avec tant d'art, de l'intérieur des continents jusqu'aux rivages de la mer. Voyez de quelles innombrables harmonies une si belle disposition est l'origine, et quelle somme de jouissance il en résulte pour l'homme et les animaux. Suivez ces sinuosités, ces détours, ces méandres sans nombre des rivières et des fleuves, le long des vallées, entre deux rives tapissées de gazon et de fleurs ombragées par de frais bosquets, animées par le chant des oiseaux, le murmure des eaux, le mugissement des troupeaux qui bondissent au sein des fertiles herbages, par la navigation fluviale, devenue pour l'homme un puissant instrument de sociabilité et d'industrie (1). Sur les coteaux voisins se déroulent les grands bois, ou fleurissent les plus belles productions de la culture, des vergers, des vignobles, des champs de blé ; puis ce sont des maisons de plaisance, de jolis villages groupés au bord des eaux ou sur le penchant des collines d'alentour, des fabriques, des moulins à demi-cachés sous le feuillage des hauts peupliers et des saules argentés ; de toutes parts enfin la fertilité et l'abondance, la beauté et la fraîcheur des sites, l'éclat et la variété des perspectives.
C'est encore sur cette propriété, en vertu de laquelle les fluides cherchent toujours à prendre leur niveau, qu'est fondé l'art de distribuer l'eau dans les grandes villes. On amène l'eau, au moyen d'un système de tuyaux, jusqu'à un réservoir qui domine, par sa hauteur, tous les lieux où elle doit se distribuer. Ce travail une fois terminé, la gravité fait tout le reste, et l'eau va remplir tous les réservoirs situés au-dessous du premier ; elle descend dans les lieux profonds, remonte sur le flanc des coteaux, et arrive enfin au centre des principales divisions de la ville : là, les tuyaux conducteurs se ramifient en une infinité d'autres qui vont parcourant toutes les rues, et ceux-ci se divisent encore pour porter dans chaque maison une substance si nécessaire à la vie (1). « Les rivières sont des chemins qui marchent », a dit Pascal.

Annales de philosophie chrétienne-volume 24-1842




13 bis, avenue Jacqueminot-Meudon.