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mercredi 3 juin 2020

Les saturnins




Peintre. Sculpture d'Albert Cruchet. Ancien magasin d'exposition de l'entreprise de peinture et décoration Allioli. 1903. Cour du 414, rue Saint-Honoré, VIIIe ardt.



Où nous découvrons les terribles méfaits de la céruse, dérivé du plomb utilisé en peinture, constatons qu'il fallut attendre plus d'un siècle avant son interdiction effective, déplorons les procédés dilatoires de patrons âpres au gain et rendons hommage à Jean Leclaire et Abel Craissac

vendredi 3 avril 2020

Les malheurs de la Gare Saint-Lazare

"La conférence". 1897. Haut relief en plâtre d'Alfred Boucher destiné au Monument Flachat situé 5, rue Verniquet, XVIIe ardt. Musée Camille Claudel (ex Musée Alfred Boucher), Nogent-sur-Seine, Aube. Eugène Flachat est assis, Émile Pereire s'appuie au dossier de sa chaise, l'homme aux lunettes est Jules Petiet, l'homme debout au centre pourrait être Auguste Perdonnet, les autres personnages sont difficilement identifiables. Le titre laisse supposer qu'il s'agit de la "Conférence des chemins de fer" créée par Flachat en 1844, mais je penche plutôt pour la création de la Société des Ingénieurs civils de France en 1848.


Où nous constatons que les éventuels riverains n’accueillent pas les gares les bras ouverts et que les mariniers ruinés et les paysans expropriés par les premiers chemins de fer n'apprécient guère le progrès

jeudi 13 septembre 2018

Les eaux de Paris. 5 : Halte au gaspillage !




L'eau arrive dans les étages. Loge du concierge d'une cité-jardin de Suresnes, 12 avenue Alexandre Maistrasse, Hauts-de-Seine. 1932


Où, après un siècle de travaux, l'eau arrive enfin dans les étages, et où, après avoir tant incité à sa consommation, l'administration peine à la fournir en quantité suffisante

samedi 11 février 2017

Les eaux de Paris, 4 : 1880. La commission des odeurs



Fontaine d'applique en pierre. 47, rue de Maubeuge, IXe ardt.  2de moitié du XIXe siècle.


Où, dégoûtée par des odeurs nauséabondes, infectes, putrides, écœurantes, ignobles, insupportables, abjectes et répugnantes, l'opinion publique s'émeut, la presse s'indigne, et les politiques créent des commissions, et où nous découvrons les premières pollutions industrielles

jeudi 10 novembre 2016

Les eaux de Paris. 3 : Belgrand




Prise d'eau potable dans une cour d'immeuble. rue de l'échiquier, IXe ardt. Depuis
Haussmann, Paris possède deux réseaux d'alimentation en eau : un réseau pour l'eau
de rivière destiné au lavage et à l'industrie (service public) et un réseau d'eau de source
pour l'alimentation (service privé). La lutte fut acharnée pour imposer l'eau de source
et déclarer l'eau de rivière non potable.

Où un préfet à poigne, secondé par des techniciens efficaces, impose l'eau de source à des parisiens amateurs d'eau de Seine

mardi 5 juillet 2016

Les eaux de Paris. 2 : avant Haussmann




Fontaine d'applique dans une cour. Modèle des fonderies du Val d'Osne, 2ème moitié du XIXe s. IXe ardt.
Seuls les propriétaires avaient la possibilité de souscrire un abonnement. Dans un premier temps, le seul
point d'eau était dans la cour de l'immeuble. Les fontaines qui subsistent et qui datent de la seconde moitié
du XIXe siècle ne servaient sans doute qu'à nettoyer la cour.




Où l'on détourne les eaux de l'Ourcq pour étancher la soif grandissante de Paris, où l'on peut enfin nettoyer les rues encombrées d'immondices et curer les égouts envasés, où le Préfet Rambuteau installe partout des bornes-fontaines, et où l'on estime satisfait du travail accompli sans songer à amener une eau saine et abondante dans tous les domiciles.

lundi 11 avril 2016

Les eaux de Paris. 1 : Le temps des pompes





Décoration d'une fontaine privée. Passage Reilhac, Xe ardt.



Où, dressant un état des lieux de l'alimentation en eau au tout début du XIXe siècle, nous apprenons qu'on préférait l'eau de Seine à l'eau de source, mais qu'on la filtrait ; où nous voyons les premières machines emmagasiner le précieux liquide en hauteur afin de déployer à travers la ville un réseau de canalisations complet, capable d'atteindre jusqu'aux étages des immeubles ; où nous constatons enfin, qu'arrivé trop tôt, le progrès intéresse peu de monde.

vendredi 30 janvier 2015

Les chromos de la rue du Delta





Buste d'Aloys Senefelder sur un immeuble de 1875. Bronze.
Auteur inconnu. 13, boulevard de Rochechouart, IXe ardt.
Où nous remarquons le père de la lithographie statufié sur une façade ; où nous découvrons dans cette façade l'ultime vestige d'une entreprise considérable ; où nous déterrons une affaire de censure, puis découvrons de notre œil de myope quelques restes de l'Égypte autour de la rue du Delta

vendredi 6 juin 2014

Épandage et maraîchage




Les derniers maraîchages de Seine-Saint-Denis résistent encore aux cités.  Rue d'Amiens, Stains, Seine-Saint-Denis.


Où nous découvrons le triste état de la Seine après le grand collecteur de Clichy, où la ville de Paris se débarrasse de matières encombrantes pour le plus grand bien des cultivateurs, où des indigènes hostiles au progrès se plaignent de nuisances, et où l'on emploie la pédagogie pour combattre les préjugés

vendredi 18 avril 2014

Les odeurs de Paris


"Cie ...le Fses Mles", que nous interprétons (sans preuve) comme "Compagnie Générale des Fosses Mobiles", car ce quartier et le quartier du Temple abritaient de nombreuses entreprises de vidange. 21, rue Sainte-Apolline, IIème ardt.


Où Pilatre de Rozier, avant de périr en Montgolfière, entreprend d'autres aventures, tout aussi périlleuses, mais que la postérité n'a pas retenues ; où les savans de 1810 s'extasient devant des fosses mobiles inodores que Francisque Sarcey et Gustave Flaubert trouvent odorantes.

vendredi 21 juin 2013

Monsieur le phonographe




Demoiselle ou damoiseau du téléphone, bas relief de Jean et Joël Martel (1896-1956). Central téléphonique des années 1930'. 11 rue d'Édimbourg, VIIIe ardt.

Où, sous prétexte d'assister aux balbutiements du téléphone en 1876, nous révélons deux nouvelles oeuvres glorifiant les téléphonistes

vendredi 8 février 2013

Jeune page Industriel





Jeune page par Mathurin Moreau, Candélabre, Fonderies du Val d'Osne, 1874, cour du 83 rue Daguerre, XIV ardt.


Alors que nous découvrons la plupart de nos sujets en usant nos semelles dans les rues, c'est grâce au cinéma que nous avons remarqué ce " Jeune Page ", présent comme figurant dans l'excellent film d'Agnès Varda, " Daguerréotypes ". En visionnant attentivement cette œuvre on pouvait déduire l'adresse exacte où trouver cette sculpture de fonte métallique. La matière dans laquelle cette statue semblait faite nous a amené très vite a en découvrir l'auteur, Mathurin Moreau, déjà rencontré dans  " Postérité d'Antinoüs ". Il ne restait plus qu'à aller sur place pour vérifier si le jeune page n'avait pas quitté la cour ! Son service semblait bien être de porter la lumière, puisque il s'agit plutôt du modèle candélabre.
Et donc où l'on se penche sur " l'Art Industriel " et la question principale qu'il soulève : Est-t-il plutôt de l'Art ou plutôt de l'Industrie ?




vendredi 25 janvier 2013

Droit de copie





Bacchus, plâtre. Env. 1815. Cour de l'Hôtel Titon. 58 rue du Faubourg Poissonnière, IXe ardt.


 Où les citoyens mouleurs, oubliés dans la loi protégeant le droit d'auteur, s'émeuvent des copies infâmes des surmouleurs, véritables corsaires habitués à vivre de proie et de butin...

vendredi 19 octobre 2012

Lave de Volvic. 5 : Paul Balze





L'espérance. Peinture sur lave de Volvic de Paul Balze, 1865. Église Saint-Augustin. Place Saint-Augustin, VIIIe ardt.
 

Où l'aventure de la polychromie sur lave s'achève avec un copiste ennuyeux qui invente une technique bon marché, où l'on projette, grâce à cette technique, de couvrir Notre-Dame et nos salles à manger de copies de maîtres, où Amaury-Duval reste perplexe devant l'installation rue Bonaparte de fresques du Vatican, et où le grand Ingres est enthousiasmé par le travail de ses besogneux élèves


vendredi 13 janvier 2012

Pavés en Bois







Pavage en bois, entrée d'un immeuble, 38 rue Notre-Dame de Nazareth, IIIe ardt.




Les pavés de bois semblaient avoir complètement disparu de Paris pourtant nous en avons retrouvé quelques exemplaires.



dimanche 25 décembre 2011

Le physicien aéronaute



Envol d'aérostat. Sépulture d'Étienne Gaspard Robertson, cimetière du Père Lachaise, XXe ardt


Où l'on apprend que le physicien Étienne Gaspard Robertson, que nous croisâmes fantasmagore, fut un maître de l'aérostat, réalisant des mesures scientifiques à plus de 7000 mètres de hauteur, avant de diriger le Tivoli le plus réputé de Paris

vendredi 23 septembre 2011

Paris-Bordeaux-Paris

Monument à Émile Levassor, détail. Sculpteur : Camille Lefebvre, d'après une maquette de Jules Dalou. Square Alexandre et René Parodi, Porte Maillot, XVIe ardt.
Où Émile Levassor remporte la première course automobile de l'histoire, impose le pétrole et crée une industrie essentiellement française.

vendredi 12 août 2011

Phaéton

Monument à Léon Serpollet. Marbre de Jean Boucher, 1911. Place Saint-Ferdinand, XVIIe ardt

Où le premier véhicule automobile autorisé à rouler dans Paris est le premier véhicule automobile volé.

samedi 22 janvier 2011

J'écoute

37, rue du Cherche Midi, VIe ardt. Bureau central téléphonique "Littré", 1913

Mais qu'est-ce que le bureau téléphonique ?

Le bureau téléphonique est la salle où sont centralisés tous les fils d'une même ville et où les employés font communiquer entre eux tous les abonnés.
Appel du bureau. Chaque abonné étant relié au bureau central, par une ligne spéciale, doit, lorsqu'il veut communiquer avec un des autres abonnés, décrocher le récepteur suspendu au crochet mobile pour appeler le bureau central. Porter aussitôt à l'oreille et attendre la réponse de la téléphoniste qui signale sa présence en disant «J'écoute».
L'abonné demande alors à être mis en communication avec tel autre abonné, dont il donne le numéro d'appel ; exemple : Gutenberg 64-96 pour Pigier, 19, boulevard Poissonnière.
Le récepteur doit être maintenu à l'oreille jusqu'à ce que l'abonné ait signalé sa présence ou que la téléphoniste ait donné l'avis : N° pas libre; ne répond pas, etc.

Quiconque n'est jamais entré dans un grand bureau téléphonique s'imaginerait volontiers qu'il y doit régner une épouvantable cacophonie et que des : " Allo ! allo! " continuels y doivent alterner sans interruption avec d'infernales sonneries. Eh bien ! il n' en est rien. Point de sonneries, tout au plus un petit grésillement à l'oreille de l'employée, que coiffe une bande de métal garnie de deux récepteurs... et, quant aux cris, les demoiselles du téléphone savent fort bien que mieux vaut, pour être entendue, parler bas en articulant nettement que de crier à tue tête dans l'appareil, comme le font tant de personne inexpérimentées. Les demoiselles du téléphone, ainsi que le montre notre gravure, sont assises en face d'un immense tableau, et chacune d'elles a mission de servir une centaine d'abonnés. Elles travaillent une moyenne de sept heures par jour, mais la tension d'esprit qui résulte de leurs fonctions et la rapidité avec laquelle elles sont quelquefois obligées d'opérer déterminent chez elles un état nerveux qui ne permettrait pas d'augmenter leur temps de présence à l'appareil sans nuire à leur santé déjà bien ébranlée par ce dur service. Il faut noter d'ailleurs, que la sollicitude de l'administration ne leur fait pas défaut. Une doctoresse est à leur disposition. En cas de maladie elles touchent la moitié de leurs appointements ; elles ont, par an un mois de vacances payé ; droit à la demi-place en chemin de fer ; et M. Bérard leur accorde assez facilement de petits congés réconfortants. Leurs émoluments sont de 1,000 francs au début, avec en sus, à Paris, 250 francs par an de frais de séjour et une légère indemnité de repas. Tous les deux ans environ, on les augmente de 200 francs, et elles arrivent ainsi au maximum, qui est de 1,800 francs. Vous voyez que ce n' est point là une profession qui permettra jamais à celles qui l'exercent "d'acheter un château sur leurs économies".

Abordons maintenant, s'il vous plaît, un chapitre assez délicat : celui des sentiments de l'abonné pour la demoiselle du téléphone. J' ai entendu déclarer, par un abonné grincheux, que ces petites fonctionnaires avaient été suscitées par la Providence pour mettre à l' épreuve notre patience. Il est certain que rien n'est plus exaspérant que de se morfondre devant un appareil sans pouvoir obtenir la communication demandée. Mais les demoiselles du téléphone ne sont pas toujours responsables du retard qui nous irrite. A certaine heures et dans certains quartiers, la besogne les écrase ; les demandes de communications arrivent de tous côtés à la fois et se succèdent, ininterrompues ; et puis, il faut bien le dire, la responsabilité des lenteurs incombe, en réalité, le plus souvent à l'administration dont les installations ne sont pas toujours en rapport avec les exigences modernes. Beaucoup d'abonnés, d'ailleurs, savent cela, et les demoiselles du téléphone se plaisent, en général, à reconnaître l'urbanité du plus grand nombre. Si des mots durs, des injures même, leur sont adressées quelquefois, elles les doivent uniquement aux clients de passage, aux anonymes, voire même aux désœuvrés et aux mauvais plaisants qui téléphonent dans les cafés ou dans les endroits publics. En bonne conscience, elles auraient grand tort de s'en chagriner. Les gens bien élevés, au demeurant, si pressés qu'ils soient, ne peuvent oublier que les demoiselles du téléphone sont des femmes, de vaillantes jeunes filles, de familles honorables, qui travaillent pour gagner péniblement leur vie ; et, conséquemment, - même quand elles tardent à leur donner la communication - ils se garderaient bien de leur manquer de respect.

Dans un prochain numéro nous présenterons à notre public les dames du télégraphe qui sont non moins intéressantes et non moins méritantes que leurs camarades du téléphone.


37, rue du Cherche Midi, VIe ardt. Les écouteurs.
Un matin, Saint-Loup m’avoua, qu’il avait écrit à ma grand’mère pour lui donner de mes nouvelles et lui suggérer l’idée, puisque un service téléphonique fonctionnait entre Doncières et Paris, de causer avec moi. Bref, le même jour, elle devait me faire appeler à l’appareil et il me conseilla d’être vers quatre heures moins un quart à la poste. Le téléphone n’était pas encore à cette époque d’un usage aussi courant qu’aujourd’hui. Et pourtant l’habitude met si peu de temps à dépouiller de leur mystère les forces sacrées avec lesquelles nous sommes en contact que, n’ayant pas eu ma communication immédiatement, la seule pensée que j’eus ce fut que c’était bien long, bien incommode, et presque l’intention d’adresser une plainte. Comme nous tous maintenant, je ne trouvais pas assez rapide à mon gré, dans ses brusques changements, l’admirable féerie à laquelle quelques instants suffisent pour qu’apparaisse près de nous, invisible mais présent, l’être à qui nous voulions parler, et qui restant à sa table, dans la ville qu’il habite (pour ma grand’mère c’était Paris), sous un ciel différent du nôtre, par un temps qui n’est pas forcément le même, au milieu de circonstances et de préoccupations que nous ignorons et que cet être va nous dire, se trouve tout à coup transporté à des centaines de lieues (lui et toute l’ambiance où il reste plongé) près de notre oreille, au moment où notre caprice l’a ordonné. Et nous sommes comme le personnage du conte à qui une magicienne, sur le souhait qu’il en exprime, fait apparaître dans une clarté surnaturelle sa grand’mère ou sa fiancée, en train de feuilleter un livre, de verser des larmes, de cueillir des fleurs, tout près du spectateur et pourtant très loin, à l’endroit même où elle se trouve réellement. Nous n’avons, pour que ce miracle s’accomplisse, qu’à approcher nos lèvres de la planchette magique et à appeler – quelquefois un peu trop longtemps, je le veux bien – les Vierges Vigilantes dont nous entendons chaque jour la voix sans jamais connaître le visage, et qui sont nos Anges gardiens dans les ténèbres vertigineuses dont elles surveillent jalousement les portes ; les Toutes-Puissantes par qui les absents surgissent à notre côté, sans qu’il soit permis de les apercevoir : les Danaïdes de l’invisible qui sans cesse vident, remplissent, se transmettent les urnes des sons ; les ironiques Furies qui, au moment que nous murmurions une confidence à une amie, avec l’espoir que personne ne nous entendait, nous crient cruellement : « J’écoute » ; les servantes toujours irritées du Mystère, les ombrageuses prêtresses de l’Invisible, les Demoiselles du téléphone !

Marcel Proust, Le côté de Guermantes, Paris, 1921

Les demoiselles du téléphone sur Wikipedia
JULLIARD, Virginie. Une "femme machine au travail", la demoiselle du téléphone". Quademi. 2004. n° 56

dimanche 21 novembre 2010

Lave de Volvic. 3 : Cité Malesherbes




Le Péché originel. Peinture sur lave de Jules Jollivet. 11 cité Malesherbes, IXe ardt


Où le peintre Jules Jollivet, dont les œuvres ont été bannies de Saint-Vincent-de-Paul, en pose des versions miniatures sur sa propre maison