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| Dragon support de balcon, 51 rue d'Anjou, VIIIe ardt, 1927. |
On les rencontre partout et (presque)
de tout temps : en Chine et en Asie, chez les Perses, les Grecs,
les Scandinaves, les Latins... Et aussi dans les peintures, les
miniatures, les sculptures, les décors, les emblèmes, les films
d'animations, les romans, les légendes, les logos des marques... Les
plus anciens sont nés en Chine dès le néolithique. Leurs lointains
descendants sont présents dans « Game of Thrones » et «
Harry Potter ». Ils peuvent prendre des formes et des aspects très
différents selon l'imaginaire de leur civilisation, de leur époque
et de leur créateur. Mais ils sont comme une vaste famille,
regroupés sous le terme générique de « Dragons ».
En
Asie ils sont plutôt bénéfiques, porteurs d'une force cosmique
qu'il faut apprivoiser et respecter. En Europe ils incarnent les
puissances du Mal, comme le feraient des créatures maléfiques issues de l'Enfer, puissances qu'il faut
vaincre et détruire, ou à tout le moins rendre inoffensives.
Partons, dans ce 115e épisode de Paris Myope, à la recherche
du symbolisme des dragons et traquons leur présence dans Paris.
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| Motifs de dragons sur tissu, XXe siècle, Chine. Exposition " Dragons " au Musée du Quai Branly, 18 novembre 2025-1er mars 2026. |
Origines Chinoise du Dragon
La figure mythique du dragon est née
en Chine il y a plus de 5 000 ans, puis s'est diffusée dans toute
l'Asie orientale. Contrairement au monstre cracheur de feu désigné
sous ce nom en Occident, le dragon chinois (long) contrôle
les eaux terrestres et célestes. Le pouvoir de ce maître des pluies
s’est développé dans une société agraire soumise aux risques de
sécheresses et de violentes précipitations.
A la fois
bénéfique et farouche, le dragon incarne les forces ambivalentes de
la nature, source de vie comme de mort. Dès l’époque Han (206
avant notre ère — 220 de notre ère), cette créature incarne les
« souffles du ciel», associés au yang, principe masculin porteur
de transformations. Le dragon attend d’entrer en activité, caché
dans les nuages chargés de pluie, les profondeurs aquatiques, les
grottes et les montagnes, là ou se concentre l’énergie vitale
universelle.
Apparu dès le Néolithique, la figure du dragon
prend forme à l'âge du Bronze (de 2700 a 800 environ avant notre
ère), avant de devenir l’emblème des empereurs, détenteurs du «
mandat céleste ». Parallèlement a sa fonction officielle, cette
créature polymorphe ne cesse d’évoluer a travers les récits et
les arts populaires. Intemporel, le dragon poursuit son envol et ses
mutations pour apporter aux Hommes les bienfaits du ciel.
Un
lien ancien entre le pouvoir et la nature existe dans la civilisation
chinoise.les ancêtres mythiques, Fuxi et Nüwa, avaient une queue de
Serpent en guise le jambes. Qi, l'aïeul des Shang, serait né d'un
œuf d’oiseau. D’après le Livre des Zhou, les ancêtres se
transformeraient en créatures mi-humain, mi-poisson. Le dragon est
quant a lui associé a de grandes figures mythologiques, telles que
l’Empereur jaune, le fondateur de la civilisation chinoise, et
Shennong, l'inventeur de l'agriculture. Bien avant l’'apparition
des textes, le dragon est déjà en gestation dans les jades de la
culture de Hongshan (4700 - 2900 avant notre ère). Il prend ensuite
forme sous la dynastie Shang (1554 - 1046 avant notre ère), a
travers des inscriptions oraculaires et des bronzes rituels, pour
devenir un motif central du vocabulaire iconographique chinois.
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| 7 rue du Moulin Vert, XIVe ardt, 1987, céramique. |
Sous
la dynastie Zhou (1045 - 221 avant notre ère) les philosophes et les
conseillers itinérants, dont Confucius (551 - 479 avant notre ère),
établissent les fondements de la pensée chinoise. C'est à cette
époque que les monarques deviennent les détenteurs du « mandat
céleste ».
A la fin de l'époque des Zhou, le Livre des
mutations donne l'une des premières descriptions écrites du
dragon, créature capable d’évoluer entre la mer, la terre et le
ciel.
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| Façade du théâtre Saint-Georges, 51 rue Saint-Georges, IXe ardt. Trompe-l’œil réalisé par Dominique Antony. |
Au 2° siècle, le
philosophe Wang Fu indique que le dragon combine neuf animaux : «
Par les cornes il ressemble au cerf, par la tète au chameau, par les
yeux au lièvre, par le cou au serpent, par le ventre au mollusque,
par les écailles à la carpe, par les griffes à l’aigle, par les
pattes au tigre, par les oreilles au bœuf. » La créature s’ancre
ainsi dans la réalité et se teinte d’étrangeté. Le même
processus d'hybridation a donné naissance a d'autres iconographies
surnaturelles. Le glouton (taotie) associe deux dragons
affrontés vus de profil, la licorne (qilin) amalgame un cerf
et un bœuf, le phénix (fenghuang) un coq, un serpent, une
hirondelle, une tortue et un poisson, tandis que le monstre gardien
de tombe (zhenmushou) mêle animaux réels et éléments
imaginaires, avec parfois une tète humaine.
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" Zhenmushou ", monstre gardien de tombe, Chine, dynastie Tang (618-907), VIIIe siècle, terre cuite peinte, glaçure, Musée départemental des arts asiatiques, Nice.
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L'empereur est
l'intercesseur de la triade ciel-terre-homme, au même titre que le
dragon a cinq griffes. Bien que sa figure s'élabore progressivement
sur les objets régaliens dés l'age du Bronze, l'animal mythique
n'est assimilé à l’empereur par des textes officiels qu'a partir
de la dynastie Liao (907 - 1125). Le dragon jaune a cinq griffes
reste l’emblème officiel réservé aux souverains |jusqu’à la
fin de l'empire, en 1911.
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L'Empereur Ming Muzong, Chine, Dynastie Ming (1368-1644), encre et couleurs sur papier, entre 1567 et 1572, Musée national du Palais, Taipei.
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Au centre de l'enceinte carrée du
palais impérial, résumé du monde, se dressait le Trône du Dragon
marquant le cinquième point cardinal, à la jonction entre terre et
ciel. Détenteur du « mandat céleste », l'empereur exerçait le
double pouvoir politique et religieux, en tant que maître des
rituels assurant la prospérité et l’harmonie terrestre.
L'un
des rôles les plus fondamentaux de l'empereur était de maintenir
harmonie sur terre en priant et en procédant a des sacrifices .En
tant que fils du ciel investi du « mandat céleste », il était le
seul à pouvoir assumer cette fonction rituelle dont dépendait
l’ordre et la prospérité de l'empire. Sous la dynastie Qing, les
cérémonies officielles occupaient le souverain jusqu’à quarante
jours par an. Tout manquement a cette charge pouvait remettre en
cause sa légitimité et provoquer des désastres naturels. La figure
du dragon, détenteur des pluies, était omniprésente dans le
décorum des cérémonies officielles pour rappeler cette fonction
impériale.
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Robe dragon de fonctionnaire impérial, détail. Chine, dynastie Qing (1644-1911), début du XVIIIe siècle. Satin, fils de soie polychromes et fils d'or. Musée départemental des arts asiatiques, Nice.
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L'identification du souverain au dragon s’exprime
a travers l'architecture du palais et une multitude d’objets. Cette
créature orne les charpentes, les portes et les escaliers, et sert
aussi de motif principal sur le mobilier et les objets privés. Il
peut être représenté seul, par paire ou associé au phénix,
l'emblème de l'impératrice.
Tout au long de ses cinq
millénaires d'existence, la vitalité du dragon ne s'est jamais
démentie. Ce seigneur céleste apparu au Néolithique a précédé
les empereurs et leur a survécu, faisant preuve d'une longévité
extraordinaire. Il reste aujourd'hui un emblème pour la Chine, ainsi
qu'un puissant symbole culturel dans toute l'Asie orientale et pour
les communautés sinisées du monde entier. À travers les objets et
les festivités populaires, les images et les mises en scène du
dragon se déclinent à l'infini. La créature mythique continue de
jouer son rôle d'intercesseur entre le ciel et la terre, pour
apporter force et prospérité aux Hommes.
Exposition « Dragons », Musée du Quai Branly, 18 novembre 2025-1er mars 2026.
Dragons dans " Les Métamorphoses " d'Ovide
(43 av. J.-C.-17)
Le dragon tué par Cadmos, fils d'Agénor, dans le texte suivant d'Ovide ressemble encore à un serpent, mais déjà il représente une force malfaisante qu'il faut vaincre, ce n'est plus le dragon asiatique puissant, garant de l'ordre naturel, essentiellement positif.
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En haut à gauche : " Jason endormant le dragon gardien de la Toison d'Or ". |
Cadmos et le dragon de la source d'Arès
Là s'élevait une antique forêt que
la hache avait toujours respectée. Au milieu était une caverne
couverte d'épaisses broussailles. L'entrée présentait une basse
voûte en pierres. Il en sortait une source abondante. Au fond de
cette caverne était caché le dragon, fils de Mars. Sa crête avait
l'éclat de l'or ; la flamme jaillissait de ses yeux ; son corps était
gonflé de venin; il dardait un triple aiguillon, et sa mâchoire
était armée d'une triple rangée de dents. A peine les Tyriens
ont-ils porté leurs pas dans celte funeste forêt, à peine l'urne,
jetée au sein des eaux, a-t-elle retenti, que le noir serpent avance
hors de l'antre sa longue tête, et fait entendre d'horribles
sifflements. L'urne échappe de leurs mains ; le sang se glace dans
leurs veines, et un subit effroi agite tous leurs membres. Le reptile
replie en mille anneaux sa croupe flexible, et décrit en bondissant
des orbes immenses. Plus de la moitié de son corps se dresse dans
les airs et domine la forêt. Vu dans toute son étendue, il égale
en grandeur le serpent qui sépare les deux Ourses. Au même instant,
soit que les Tyriens s'apprêtassent à combattre ou à fuir,
soit que la crainte paralysât leurs dards et leurs pas, il déchire
les uns de ses morsures, et enlace les autres de ses longs anneaux,
ou les tue de son souffle impur.
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Le Soleil, au plus haut
point de sa course, avait enfin rétréci les ombres. Le fils
d'Agénor s'étonne du retard de ses compagnons et cherche la trace
de leurs pas. Il a pour vêtement la dépouille d'un lion, pour armes
une lance au fer étincelant, un javelot, et son courage, préférable
à toutes les armes. Il entre dans la forêt. A la vue des victimes
que la mort vient, de frapper, et du vainqueur qui les couvre de son
vaste corps, en léchant de sa langue ensanglantée leurs horribles
blessures, il s'écrie : « Je serai votre vengeur, mes fidèles
amis, ou je partagerai votre sort. » A ces mots, il soulève un bloc
énorme, et, par un effort suprême, parvient à le lancer. Le choc
de celle masse eût ébranlé des remparts couronnés de superbes
tours. Cuirassé par ses écailles et sa peau noire contre les coups
les plus vigoureux, le serpent resta sans blessure. Mais sa peau,
malgré toute sa dureté, ne peut résister au javelot qui s'ouvre un
passage à travers sa souple épine, et s'y fixe en laissant tout le
fer dans ses entrailles. Transporté, de douleur, le monstre replie
sa tête sur son dos, regarde sa plaie, et mord le dard qui s'y tient
immobile. Il fait mille efforts pour l'ébranler en tout sens, et
semble près de l'arracher ; mais le fer reste cramponné à son
corps.
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| Cadmos tuant le dragon. Amphore à figures noires d'Eubée, vers 560-550 avant J.-C., musée du Louvre. |
A sa fureur ordinaire s'ajoute en ce moment la douleur
de sa blessure. Les veines de son gosier se gonflent de sang ; une
blanche écume découle de ses lèvres venimeuses ; la terre est
broyée sous ses écailles bruyantes, et l'air est infecté du
souffle qui s'échappe de sa gueule infernale. Tantôt son corps se
recourbe en spirales immenses ; tantôt il se dresse comme un
peuplier ; quelquefois d'un vaste bond il s'élance, tel qu'un rapide
torrent grossi par les orages, et de son poitrail il renverse les
arbres qu'il rencontre. Le fils d'Agénor recule un peu, et, avec sa
peau de lion, soutient les assauts du serpent, il oppose son javelot
à sa gueule menaçante. Le dragon furieux attaque l'acier par
d'impuissantes morsures et y brise ses dents. Déjà de son palais
empesté le sang commençait à couler et à rougir le gazon. Mais la
blessure était légère. Tant qu'il se dérobe aux atteintes en
reculant sa tète, les coups, détournés par ce mouvement, ne
peuvent faire une entaille profonde. Enfin le fils d'Agénor enfonce
le fer dans le gosier du serpent, le presse sans relâche, jusqu'à
ce que le monstre s'appuie contre un chêne, et que son cou et
l'arbre soient percés en même temps. Courbé par le poids du
dragon, le chêne gémit sous ses coups de queue. Tandis que Cadmos
contemple le corps gigantesque de son ennemi vaincu, tout à coup une
voix se fait entendre. On ne peut reconnaître d'où elle est partie;
mais elle profère ces mots : « Pourquoi, fils d'Agénor, regarder
le serpent que lu viens de tuer ? On te verra aussi sous la forme
d'un serpent. » Longtemps saisi d'effroi, Cadmos pâlit, se trouble;
son sang se glace et ses cheveux se dressent sur sa tête.
Les
Métamorphoses d'Ovide (2e éd), traduction française de Gros,
refondue par M. Cabaret-Dupaty, auteur : Ovide
(43 av. J.-C.-17). 1866. Traducteur. Éditeur : Cabaret-Dupaty,
Bibliothèque nationale de France.
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| Jason dans la gueule du dragon gardant la Toison d'Or, attribué à Douris, vers 500-450 avant J.-C. Musée grégorien étrusque, Vatican. |
Saint-Michel
Puis il parut dans le ciel un grand signe: une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête.
Elle était enceinte, et elle criait, dans le travail et les douleurs de l'enfantement.
Un autre signe parut encore dans le ciel: tout à coup on vit un grand dragon rouge ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes, sept diadèmes ;
de sa queue, il entraînait le tiers des étoiles du ciel, et il les jeta sur la terre. Puis le dragon se dressa devant la femme qui allait enfanter afin de dévorer son enfant, dès qu'elle l'aurait mis au monde.
Or, elle donna lu jour à un enfant mâle, qui doit gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer; et son enfant fût enlevé auprès de Dieu et auprès de son trône,
et la femme s'enfuit au désert, où Dieu lui avait préparé une retraite, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours,
Et il y eut un combat dans le ciel Michel et ses anges combattaient contre le dragon ; et le dragon et ses anges combattaient ;
mais ils ne purent vaincre, et leur place même ne se trouva plus dans le ciel.
Et il fût précipité, le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appelé le diable et Satan, le séducteur de toute la terre, il fût précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui.
Et j'entendis dans le ciel une voix forte Lui disait: " Maintenant le salut, la puissance et l'empire sont à notre Dieu, et l'autorité à son Christ; car il a été précipité, l'accusateur de nos frères, celui qui les accuse jour et nuit devant notre Dieu.
Eux aussi l'ont vaincu par le sang de l'Agneau et par la parole à laquelle ils ont rendu témoignage, et ils ont méprisé leur vie jusqu'à mourir.
C'est pourquoi, réjouissez-vous, cieux, et vous qui y demeurez! Malheur à la terre et à la mer! car le diable est descendu vers vous, avec une grande fureur, sachant qu'il ne lui reste que peu de temps. "
Quand le dragon se vit précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait mis au monde l'enfant mâle.
Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme pour s'envoler au désert, en sa retraite, où elle est nourrie un temps, des temps et la moitié d'un temps, hors de la présence du serpent.
Alors le serpent lança de sa gueule, après la femme, de l'eau comme un fleuve, afin de la faire entraîner par le fleuve.
Mais la terre vint au secours de la femme; elle ouvrit son sein et engloutit le fleuve que le dragon avait jeté de sa gueule.
Et le dragon fût rempli de fureur contre la femme, et il alla faire la guerre au reste de ses enfants, à ceux qui observent les commandements de Dieu et qui gardent le commandement de Jésus.
Et il s'arrêta sur le sable de la mer.
Apocalypse de Saint-Jean, chapitre 12.
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| Dragon de la fontaine Saint-Michel, par Henri-Alfred Jacquemart, 1859. Place Saint-Michel, VIe ardt. A noter que c'est un dragon cracheur d'eau, et non de feu. |
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Dragon en bas relief de la fontaine Saint-Michel, par Marie-Noémie
Cadiot, dont le pseudonyme de sculpteur est Claude Vignon, vers
1858-1860. Place Saint-Michel, VIe ardt.
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Miniature extraite du livre de Marco Polo " Le Devisement du monde " ou " Livre des Merveilles ", vers 1410-1412, BNF. |
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| Bibliothèque Forney, Grande salle de Lecture. L’hôtel de Sens est
restauré en plusieurs étapes entre 1930 et 1961. Les compagnons du
devoir créent des ornements dans le style médiéval en référence à
l’artisanat et à la bibliothèque. C'est avec humour qu'ils ont sculpté
ce dragon qui à l'air de donner la patte, ou celui qui se mord la queue.
1 rue du Figuier, IVe ardt. |
Sainte Marguerite d'Antioche et le dragon.
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| Sainte Marguerite sort du dragon, miniature vers 1285-1290, BNF |
Marguerite d’Antioche (Sainte). Margarita vierge et martyr. (20 juillet). — La légende de cette sainte dépasse l’imagination. Je la résume en quelques mots pour l’intelligence des nombreuses peintures qui lui sont consacrées. Pendant une des persécutions du IIIe siècle, sainte Marguerite fut arrêtée en qualité de chrétienne. Après avoir tenté de séduire la jeune fille qui était fort belle, le préfet d’Antioche, Olybrius, la fit jeter en prison. Aussitôt, le démon se présente à elle sous la forme d’un dragon monstrueux qui la dévore incontinent. Mais la sainte portait sur elle une petite croix qui ne la quittait jamais ; au moyen de cette croix, elle perfore l’échine du monstre et sort saine et sauve de sa prison vivante. C’est cet épisode que presque tous les peintres ont retracé. On y voit sainte Marguerite sortant du dos du monstre, une petite croix à la main. Dans la plupart des miniatures, sauf dans celle des Heures d’Aragon et dans celles d’Anne de Bretagne, le dragon tient dans la gueule un lambeau de la robe de la sainte, sans doute pour indiquer qu’il vient de l’engloutir. Souvent aussi, on remarque que le dos du monstre est ensanglanté et que les lèvres de l’énorme plaie saignent au passage de la sainte.
Les livres d'heures manuscrits de la Bibliothèque nationale. Tome 1 / Abbé V. Leroquais (1875-1946). 1927 Bibliothèque nationale de France.
Saint-Georges
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| Saint-Georges terrassant le dragon par Jérome Mesnager, 2011, mur de l'école Saint-Georges, 18 rue Bouret, XIXe ardt. A noter l'humour de l'auteur : la lance se Saint Georges pointe sur une plaque " Bouche d'Incendie " intégrée au dragon, dont la gueule crache du feu. C'est un modèle de plaque indiquant aux pompiers la prise d'eau la plus proche, du même modèle que celle montrée ci-dessous.
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LÉGENDE DE SAINT GEORGE
George, tribun, naquit en Cappadoce, et vint, en Libye, dans la ville qu'on appelle Silène, près de laquelle était un étang où habitait un monstre qui maintes fois avait fait reculer le peuple armé venu pour le détruire ; il s'approchait même jusqu'aux murs de la cité, et de son souffle tuait tout ce qu'il trouvait. Pour éviter de semblables visites, on lui donnait tous les jours deux brebis pour apaiser sa voracité. Si l'on y manquait, il assaillait tellement les murs de la ville, que son souffle empoisonné infectait l'air, et que beaucoup d'habitants en mouraient. On lui fournit tant de brebis qu'elles devinrent très-rares, et qu'on ne pouvait plus s'en procurer la grande quantité nécessaire; alors les citoyens tinrent conseil, et il fut décidé qu'on livrerait chaque jour un homme et une bête ; si bien qu'à la fin on donna les enfants, filles ou garçons, de manière que personne ne fut épargné. Et le sort désigna un jour la fille du roi pour ce sacrifice. Le monarque épouvanté offrit en échange son or, son argent et la moitié de son royaume, pour qu'on sauvât à sa fille ce genre si cruel de mort. Mais le peuple s'échauffa et dit au roi que puisque l'édit qu'il avait promulgué avait détruit tous les enfants, sa propre fille ne devait point faire exception. On le menaça, en cas de refus, de le brûler lui et son palais. Le roi se mit alors à pleurer, et il gémit du triste sort de sa fille, et, s'adressant au peuple, il lui demanda et obtint un délai de huit jours pour pleurer sa fille. Au bout de ce temps, le peuple revint au palais et il dit : « Pourquoi perds-tu ton peuple pour ta fille? nous mourons tous par le souffle de ce monstre. » Le roi vit bien qu'il fallait se résoudre au sacrifice. Il fit couvrir sa fille de vêtements royaux, l'embrassa et lui dit : « Hélas! chère fille, je croyais me voir renaître dans tes nobles enfants ; j'espérais inviter mes princes à tes noces, te voir ornée de vêtements royaux, et accompagnée de flûtes, de tambourins et d'instruments de musique de tout genre ; et tu vas être dévorée par le monstre! Pourquoi ne suis-je pas mort avant que tu périsses ainsi? » Alors elle tomba aux pieds de son père, et lui demanda sa bénédiction. Il la lui donna en pleurant, et la serra tendrement dans ses bras ; puis elle s'en alla vers le lac.
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| Trois dragons en consoles support de balcon, angle rue d'Assas-rue de Rennes, VIe ardt. |
George, qui passait par là, vit qu'elle pleurait, et lui demanda ce qu'elle avait ; et elle lui répondit, : « Bon jeune homme, monte bien vite à cheval, et hâte-toi de fuir, afin que tu ne périsses, pas avec moi. » Et George lui dit : «Ne crains rien, et dis-moi ce que tu attends ici, et pourquoi tout ce peuple nous regarde. » Et elle répliqua : « Je vois que tu as un cœur noble et grand ; mais hâte-loi de partir. » George repartit : « Je ne partirai que lorsque lu m'auras appris ce que tu as. » Lorsqu'elle l'eut instruit de tout, George ajouta : « Ne crains pas, je t'aiderai au nom de Jésus-Christ. — Brave chevalier, reprit-elle, ne cherche point à mourir avec moi ; il suffit que seule je périsse, car tu ne pourras ni m'aider ni me délivrer, et tu succomberais avec moi. » Dans ce moment, le monstre sortit de l'eau. Alors la vierge dit en tremblant : « Fuis au plus vite, chevalier. » Pour toute réponse, George monta sur son cheval, fit le signe de la croix, s'avança au-devant du monstre en se recommandant à Jésus-Christ, et le chargea intrépidement. Il brandit sa lance avec une telle force, qu'il le traversa et le jeta par terre. Alors, s'adressant à la fille du roi, il lui dit de passer sa ceinture autour du cou du monstre, et de ne le redouter en rien. Quand ce fut fait, le monstre la suivit comme le chien le plus doux. Lorsqu'ils l'eurent conduit dans la ville, le peuple s'enfuit sur les montagnes et sur les collines, en s'écriant que tout le monde allait périr. Mais George les retint en leur disant de ne rien craindre ; que le Seigneur l'avait envoyé pour les délivrer de ce monstre. Et il dit : « Croyez seulement en Dieu, et que chacun de vous soit baptisé, et je tuerai ce monstre. » Alors le roi et tout son peuple furent baptisés ; ensuite George tira son glaive et abattit la tête du monstre ; selon ses ordres, quatre paires de bœufs le transportèrent hors de la ville. Ce jour-là, vingt mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, furent, baptisés. En l'honneur de la Vierge Marie et de saint George, le roi fil construire une église d'une étendue considérable, de l'autel de laquelle il coule une source qui guérit tous les malades qui boivent de son eau. Le roi offrit d'immenses richesses à George ; mais il les refusa, et il les fit distribuer aux pauvres. George instruisit, le roi de quatre devoirs à remplir : d'avoir soin des églises de Dieu, d'honorer les prêtres, d'assister toujours dévotement au service divin, et d'être constamment charitable envers les pauvres ; et ayant embrassé le roi, il partit de ces lieux.
Quelques livres disent que lorsque la fille du roi allait être dévorée par le monstre, George fit le signe de la croix et le tua,
La légende dorée. Série 2 / par Jacques de Voragine (1228?-1298). ; traduite du latin par Monsieur Gustave Brunet], Éditeur : C. Gosselin (Paris), 1843, Bibliothèque nationale de France.
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| Deux dragons décoratifs de fantaisie, 2 rue de Fleurus, VIe ardt. |
GALESCHIN ET LANCELOT
Il avance cependant toujours à l'extrémité de l'allée il voit de chaque côté le profil de deux énormes dragons jetant par la gueule de grands flocons de flamme. Deux chaînes scellées dans le mur les arrêtaient par la gorge. « Voilà, se dit Galeschin, de furieuses « bêtes. » Involontairement il fait un mouvement en arrière, pour se prémunir contre leur approche; mais la honte le retient comme si tout le monde l'eût vu, il se décide à marcher en avant. Les dragons s'élancent pour lui fermer la voie ils jettent leurs griffes sur l'écu, déchirent à belles dents les mailles du haubert et pénètrent dans les chairs qu'ils entament jusqu'au sang. Le duc ne recule pas il donne de son épée sur leurs pis, sur leurs têtes et parvient enfin à passer outre, laissant les dragons lécher le sang qu'ils ont fait jaillir et dont leurs ongles sont humectés. Pour le duc, son premier soin est d'éteindre les flammes qu'ils avaient vomies contre lui mais il se trouve bientôt devant une rivière bruyante et rapide.
(...)
Lancelot arrive au mur des dragons. Il descend de cheval et pose son glaive à terre. Quand il veut passer, les dragons s'élancent et lui ferment l'entrée avec leurs griffes et les flammes qu'ils vomissent. Il vise le premier entre les yeux et le frappe de sa bonne épée l'épée rebondit sans entamer les écailles. Dans son dépit il allait jeter cette lame, mais il réfléchit qu'elle pouvait lui être encore d'un bon secours; il la remet donc au fourreau et retenant son écu devant ses yeux pour échapper à l'haleine enflammée du dragon, il avance sur lui, le saisit au cou, l'aplatit au mur et de son autre main lui arrache la langue. Le monstre tombe sans mouvement, Lancelot se prend à l'autre qu'une chaîne avait empêché de porter secours au premier. Le dragon lui enfonce ses ongles sur les épaules, mais l'écu et le haubert le garantissent et lui permettent de saisir le dragon à la gorge il l'étreint de son gantelet jusqu'à ce qu'il l'ait bien étranglé.
Les romans de la Table ronde : mis en nouveau langage et accompagnés de recherches sur l'origine et le caractère de ces grandes compositions. Le Roi Artus / par Paulin Paris, Éditeur : L. Techener (Paris), 1868-1877, Paulin (1800-1881). Traducteur, Bibliothèque nationale de France.
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| Deux dragons décoratifs, 35 rue Monge, Ve ardt. |
LÉGENDE DE SAINTE MARTHE
Marthe, qui donna l'hospitalité à Jésus-Christ, eut pour père Syrus, pour mère Eucharie, et elle descendit d'une race royale. Son père gouverna la Syrie et beaucoup de villes le long de la mer. Et de l'héritage de sa mère, Marthe avait, avec sa sœur, des droits à la possession de trois villes, Magdalum, Béthanie et Jérusalem. Elle ne se maria point, et elle n'eut jamais de commerce avec aucun homme ; elle s'était consacrée à servir Notre-Seigneur Jésus-Christ, et sa sœur l'aidait, car elle avait bien vu que le monde entier ne serait pas suffisant pour s'acquitter d'un semblable service. Après l'ascension du Seigneur, lorsque les disciples se dispersèrent, elle et son frère Lazare et sa sœur Madeleine et le bienheureux Maximin, qui les avait baptisés, s'embarquèrent sur un navire qui n'avait ni voiles, ni rames, ni gouvernail, car les infidèles en avaient tout enlevé ; et, guidé par le Seigneur, ce bâtiment vint aborder à Marseille. Ils se rendirent ensuite dans la province d'Aix, et ils convertirent beaucoup de monde. Marthe parlait avec beaucoup d'éloquence et était très généreuse.
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| Dragon décoratif, 5 rue Michel Chasles, XIIe ardt. |
Et il y avait alors le long du Rhône, dans un bois entre Arles et Avignon, un dragon qui était comme un poisson à partir de la moitié du corps, plus gros qu'un bœuf, plus long qu'un cheval, qui avait la gueule garnie de dents énormes, et il attaquait tous les voyageurs qui passaient sur le fleuve, et il submergeait les embarcations. Il était venu par mer de la Galatie, en Asie, où il avait été engendré d'un serpent marin, et tout ce qu'il touchait était frappé de mort. Marthe, émue des prières du peuple, entra dans le bois, où elle trouva le monstre qui était à manger, et elle jeta sur lui de l'eau bénite et elle lui présenta une croix. Alors le monstre, devenu doux comme un agneau, se laissa attacher ; car Marthe lui passa sa ceinture au cou, et le peuple vint le tuer à coups de lance et de pierres. Et ce dragon s'appelait la Tarasque ; et, en mémoire de cet événement, cet endroit a été appelé Tarascon, ce qui signifie lieu noir et ombragé, parce qu'en effet il y avait là des bois sombres et touffus. Et la bienheureuse Marthe resta en cet endroit, où elle se consacrait tout entière à l'oraison et au jeûne ; elle y réunit un grand nombre de sœurs, et y fonda une basilique en l'honneur de la Sainte Vierge, et elle y mena une vie pénitente, s'abstenant de viande, d’œufs, de fromage, de graisse et de vin, et ne mangeant qu'une fois par jour. Elle s'agenouillait cent fois dans la journée, et elle en faisait autant chaque nuit.
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| Dragon, 44 rue Victor Hugo, Malakoff, Hauts-de-Seine. |
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| Dragon métallique armé d'un poignard, 1983, 2bis rue Simonet, XIIIe ardt. |
LE DRAGON DANS LA TRADITION CHRÉTIENNE
Nous avons vu que, dans les traditions judéo-chrétiennes, le dragon représente les forces négatives et primitives de la matière indifférenciée et est assimilé au Mal. Dans les milieux autres, le dragon personnifie la Puissance. Il figurait en tant que tel sur les étendards assyriens, parthes, scythes, romains, bretons ; il donnait son nom aux drakkars des Vikings, dont la proue s’ornait de son effigie. On vainquait, en ces temps barbares, sous le signe du dragon. Le christianisme a intégré le dragon, mais a transformé sa signification: il est devenu le symbole de tout ce qui était opposé au christianisme, de la barbarie,en un mot de la Bête maléfique, incarnation de Satan, le Diable.Sa puissance certes demeure, mais il n'est plus invincible : il n'est plus que l’adversaire du Bien, c’est-a-dire de l’éthique chrétienne, destiné a être détruit un jour ou l’autre.
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| Dragon 10 blvd Arago, XIIIe ardt, décor sur un immeuble construit en 1901. |
Outre qu’il est champion de la foi chrétienne, le chevalier doit nécessairement être un preux, c’est-a-dire courageux et au cœur pur. Le combat contre le dragon représente une épreuve initiatique, une sorte de cérémonie de « passage ». Vivre cette épreuve doit lui permettre d’arriver à cette liberté intérieure qui résume l'idéal chevaleresque : valeur et pureté absolues. La valeur, au-delà des limites humaines normales, établit la dignité de l'homme nouveau, à qui la peur devient inconnue, de l’initié « né une seconde fois ». La pureté lui est essentielle, car elle seule lui permet d’avoir droit au trésor. Les vertus ainsi acquises résident alors dans l’Être et non plus dans l’Avoir. Le chevalier devient indifférent aux biens matériels. Il ne possède rien que son cheval et ses armes et ce qu’il conquiert grâce a ses victoires, il doit s'en défaire aussitôt, car toute possession est, pour lui, attachante parce qu’illusoire.Ainsi, celui qui affronte le dragon avec sucés,devient-il ce qu’il Est.
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| Beau duo " dragonnier " 125 blvd Sébastopol, IIe ardt. |
LE DRAGON GARDIEN DU TRÉSOR ET DE LA PERLE CACHÉE
L’or, métal inaltérable et pur, est bien entendu, sous différentes formes, le symbole de ce trésor. Dans la mythologie grecque, ce trésor apparaît sous la forme des pommes d’or du jardin des Hespérides, gardées a la fois par quatre (ou sept) nymphes et par le dragon Ladou qui, selon la légende, possédait cent têtes. Héraclès, fils de Zeus, le plus célèbre peut-être et à coup sur le plus populaire des héros grecs, s'est acquitté de dix des douze travaux qui lui ont été imposés par l’oracle de Delphes. Sa onzième épreuve consiste a aller à la recherche de ces pommes d’or, dans le jardin des Hespérides situé aux confins du monde connu. Après d’extraordinaires aventures, notre héros trouve le jardin merveilleux et parvient à dérober les pommes d’or, malgré ses gardiennes et le dragon. Ce dernier, vaincu, sera projeté par la déesse Héra dans le firmament où il deviendra la constellation du serpent.
-La Phénicie, la Grèce, l’Arménie sont riches de légendes où le dragon protège aussi les sources, les puits, les lacs, les rivières et les mers, car il est de la même nature que l'eau, élément primordial de toute vie.
Il est également, selon la légende, le gardien de la Toison d’or du bélier ailé appartenant au roi Éétès . Cette toison sera dérobée par Jason avec l'aide de Médée la magicienne qu'il épousera par la suite. Il pourra ainsi recouvrer la possession de son royaume.
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| Dragon assez proche du dragon chinois, n'était ses ailes, 8 rue Charles Divry, XIVe ardt. |
héros Sigurd. La légende des Niebelungen, qui inspira Wagner, reprend à son compte le récit scandinave : Sigurd devient Siegfried et, grâce à un anneau qui le rend invisible, vainc le dragon, se baigne dans son sang afin de devenir invincible, donc immortel. Mais une feuille d’arbre s’est posée sur son dos, en un point où le sang du dragon ne peut agir. Ayant confié le secret de sa vulnérabilité à son épouse, celle-ci le dévoilera à Hagen. Or celui-ci est un traître : grâce a la connaissance de ce secret, il parviendra à tuer Siegfried.
Selon les Edda, grands poèmes épiques islandais, Sigurd aurait fait rôtir le cœur du dragon afin de s’en repaître. Mais, se brûlant, il porte le doigt à sa bouche. Dés que le sang du dragon touche ses lèvres, il comprend le langage des oiseaux. Ainsi peut-il connaître tout ce que pensent les hommes, ce qu’ils font et ce qui leur arrive. Autrement dit, il accède a la connaissance.
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| Une sorte de dragon nous salue à la romaine sous le grand balcon de
l'Hôtel Judic construit en 1883, sculpté par, ou sous la direction de,
Georges Albert Trugard, 12 rue du Cardinal Mercier, IXe ardt. Ce mot de "
Salve " serait-il un jeu de mot sur le salut de l'âme dont parle notre
texte? |
Ce thème traverse comme une obsession toute l’histoire des hommes.
LE DRAGON, par Daniel Beresniak et Michel Random, collection « Les Symboles », éditions du Félin, 1988.
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| Variation sur un même dragon décoratif, en panneau et en console de soutien de balcon, 7 rue Pasquier, VIIIe ardt. |
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| Inquiétant dragon au souffle méphitique, Proche du théâtre Édouard VII,
sur l'arcade proche du 16 rue
Bruno Coquatrix, IXe ardt. |
Siegfried et le dragon Fafner
— Oui, acquiesça Mime : car si tu ne l'apprends pas à ce coup, tu n'en sauras jamais rien. » Il lui montra l'antre et lui décrivit le dragon, sa gueule immense, son venin brûlant, les coups et les étreintes de sa queue.
« J'éviterai tout cela », répondit Siegfried avec simplicité, en s'asseyant au pied d'un tilleul. « Mais dis-moi : le monstre n'a-t-il pas un cœur ?
— Un cœur des plus féroces.
— Mais placé là où l'ont les bêtes et les hommes ?
— Certes, tout à fait de la même manière.
— C'est dans ce cœur que je planterai mon épée.
Toi, file maintenant.»
Mime s'attarda quelque temps à tenter encore le courage de Siegfried, jusqu'à ce que le héros en colère le chassât.
« Quand donc serai-je délivré de toi, de tes grimaces de tendresse et de tes yeux clignotants ? Va-t'en, que le dragon ne te mange !
— Je pars, dit enfin Mime ; mais, le combat fini, ne manque pas de m'appeler, que je t'apporte à boire. Et en s'éloignant il se répétait : « Fafner, Siegfried, oh ! s'ils pouvaient s'entretuer, et périr tous les deux ! »
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yeux limpides et tendres des biches, plus limpides encore et plus tendres ?... Pourquoi donc était-elle morte si tôt? La voir, l'aimer, comme cela eût été doux !
Tandis que Siegfried suivait sa songerie, la forêt s'éveillait. Un murmure multiple et doux courait dans les buissons, dans les feuillages, entre les rives des ruisseaux et les cailloux des cascades. Les oiseaux s'appelaient, se répondaient d'un arbre à l'autre, et par-dessus les voix confuses de la terre leur chant aérien se déployait, plus mélodieux et plus distinct. Un surtout, posé sur une branche du tilleul juste au-dessus de Siegfried, le ravissait, « Oiseau charmant, lui disait-il, je n'ai jamais entendu ton chant, N'es-tu pas étranger à ces bois? Tu me parles sans doute : ah! si je pouvais te comprendre ! Le gnome m'a dit que le langage des oiseaux pouvait être saisi, »
il coupa un roseau pour s'en faire un fifre et imiter l'oiseau; mais il ne tirait de son instrument, quelque peine qu'il y mît, qu'un son aigu et criard, il le jeta loin de lui, « Oiseau, doux oiseau, dit-il en riant, tu m'écoutes, et j'ai honte de ma maladresse, Mais la voix de mon cor te plaira davantage ; je sais de joyeux airs, écoute-les. Maintes fois je les ai lancés dans les bois pour appeler quelque camarade inconnu ; seuls les loups et les ours m'ont répondu, Qui sait ce qui aujourd'hui
viendra ? Peut-être, enfin, l'ami espéré... »
Il prit le cor d'argent qui pendait à son col et, la tête levée vers l'oiseau toujours posé sur sa branche, il sonna à pleins poumons une éclatante fanfare.
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« Ah ! Ah ! s'écria Siegfried en éclatant de rire, voilà le beau compagnon que m'attire ma musique!
— Qui es-tu ? grogna Fafner.
— Cette bête sait parler ? Elle pourrait donc m’instruire* Écoute : j’ignore ce que c’est que la peur; voudrais-tu me l’apprendre ? » Un rire affreux ouvrit la gueule du monstre et fit paraître des crocs terribles.
« Je m’en allais boire, s’esclaffa-t-il, et on m’apporte à manger ! »
Siegfried raille, Fafner menace, et le héros, mettant l’épée à la main, attaque. Le dragon lance vers lui son venin enflammé. Siegfried l’évite en se jetant vivement de côté, et continue son élan. Le monstre alors ramène en avant sa longue queue de serpent, d’un mouvement terriblement puissant, pour enserrer dans ses cercles les jambes de Siegfried. Mais le héros bondit par-dessus l’énorme fouet écailleux, qui érafle en vain le sol, arrachant des pierres, déracinant des broussailles. Si prompt et si léger est Siegfried que le voici tout près du flanc même de la bête repliée. Alors Fafner, s’arc-boutant sur ses pattes de derrière, soulève son torse pareil à quelque crocodile immense, et, tourné vers Siegfried, se cabre, les pattes de devant écartées, griffes tendues, pour étreindre l’adversaire et, en retombant, l’écraser sous sa masse. Siegfried voit le poitrail découvert, dessous blanchâtre et nu de la carapace ; prompte comme l’éclair de Wotan, l’épée divine pointe et plonge droit au cœur, jusqu’à la garde. Les pattes terribles n’ont pas eu le temps de se refermer sur l’assaillant. Un sursaut de douleur dresse encore le monstre plus haut, puis il s’abat en avant, sur sa blessure où l’épée est restée, cependant que Siegfried échappe à cet ultime péril en bondissant de côté. Fafner se vautre et se tord de plus en plus faiblement ; ses yeux que l’agonie commence de voiler se fixent sur Siegfried.
« Qui es-tu, intrépide enfant qui viens de me percer le cœur ? Mais qui donc t'a envoyé ? Ce n'est pas toi qui as médité cela.
— Je ne sais pas qui je suis, répond Siegfried, et toi-même tu m'as poussé à t'attaque.
— Enfant, ton regard est limpide et ton cœur est sans détour» Écoute l'avertissement de celui qui meurt par toi. A cette heure les deux puissants rois des géants, Fafner et Fasolt, frères ennemis, vont être réunis dans la mort. J'ai tué mon frère pour un trésor maudit que nous livraient les dieux... et moi, dernier de ma race, je cède à ta jeunesse éclatante. Garde-toi bien : car celui qui t'a poussé contre moi médite ta mort. »
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Fafner en mourant s'était un peu retourné, et reposait sur le flanc, découvrant la poignée de l'épée. Siegfried alla l'arracher de la blessure; le sang jaillit jusque sur sa main. Il sentit comme une brûlure et instinctivement porta le doigt à sa bouche pour ôter ce sang. Aussitôt il promena les yeux autour de lui, saisi d'une extrême surprise» Car les mêmes murmures de la forêt, les mêmes chants d'oiseaux qu'auparavant l'environnaient, mais il lui semblait soudain y découvrir un sens, entendre un langage. « Je croirais, se disait-il, que les oiseaux me parlent. Celui-ci, que me dit-il ? »
C'était un bel oiseau, perché sur une des branches du tilleul où Siegfried avant le combat s’était adossé, Siegfried prêta l’oreille, pour distinguer ce chant des autres ramages de la forêt, et voici ce qu'il entendit :
« Siegfried est maintenant maître du trésor. S'il pénétrait dans l'antre du dragon, il y découvrirait l'or entassé ; il pourrait s'emparer du casque merveilleux qui permet tous les exploits, et de l'anneau qui lui donnerait l’empire du monde,
— O bel oiseau, merci ! Ton conseil me ravit, et j'obéis. » Enjambant le corps du monstre, il courut aussitôt vers la grotte.
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| Est-ce une salamandre comme celle de l'emblème de François 1er, ou un
dragon ? Difficile de trancher même si il y a une ressemblance avec le
symbole royal, mais sans la couronne habituelle. 22 rue Lamarck, XVIIIe ardt. |
A.F.
QUELQUES LÉGENDES, ERREURS, PRÉJUGÉS
Sur la Salamandre.
Parmi les Vertébrés, les Amphibiens et les Serpents donnèrent lieu au cours des temps à de nombreuses légendes. A toutes les époques, les Salamandres et les Crapauds furent considérés comme les animaux les plus dangereux, non seulement par le peuple, mais aussi par les naturalistes d’autrefois. Dans l’Antiquité, la Salamandre passait pour commettre les méfaits les plus graves vis-à-vis de l’humanité et, à Rome, la peine de mort était appliquée à quiconque faisait manger de la chair de Salamandre à une autre personne.
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| Ces belles poignées de porte de la bibliothèque Forney, sise dans
l'ancien Hôtel des Archevêques de Sens, représentent-elles des
salamandres ? Dépourvues d'ailes, on peut le penser. XXe siècle, 1 rue du Figuier,
IVe ardt. |
Beaucoup de ces croyances se perpétuèrent au cours des siècles ; elles ne furent pas particulières à l’Europe, car au XI e siècle, les légendes chinoises relatives à un petit Triton nommé aujourd’hui Cynops orientalis, disent qu’il était cultivé dans Tien-Tse (la mare sublime) à la cime du Lu-Chan ; les paysans lui attribuaient le pouvoir de faire pleuvoir et le nommait le fils du Dragon céleste. — Un autre Urodèle, le Batrachuperus pinchoni nommé le Dragon blanc, au XVI e siècle, de la montagne Omei, dans la province du Setchouen, était supplié par les paysans d’envoyer de la pluie quand la saison était trop sèche.
Au Moyen-Age, en Europe, on pensait encore que la Salamandre pouvait traverser les flammes sans en être incommodée et qu’elle était même capable d’éteindre les incendies. Aussi, les charlatans continuaient-ils une pratique de la Rome antique consistant à vendre des Salamandres qui, jetées dans les flammes, devaient, disaient-ils arrêter les progrès désastreux de ce genre de sinistre. Ceux qui n’y croyaient pas étaient qualifiés d’ignorants, « n’ayant jamais fréquenté les gens instruits qui avaient voyagé ».
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| ici la couronne ne laisse aucun doute, c'est bien l'emblème de François
1er, présent en deux exemplaires sur la
façade de cet immeuble au 51 rue Pergolèse, XVIe ardt. Il s'agit donc d'une salamandre et non d'un dragon. |
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| Balcon soutenu par deux dragons, Hôtel Chenizot, sculpteur François
Roumier, architecte Pierre de Vigny, vers 1725, 51 rue Saint-Louis-en
-l'Île, IVe ardt. |
Dragon et style Rocaille au XVIIIe siècle
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| Hôtel Séguier, 133 blvd Saint-Antoine, IV ardt. Ces sortes de dragons ou chimères datent de 1728. |
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| Hôtel Séguier, 133 blvd Saint-Antoine, IV ardt. Ce dragon ou chimère date de 1728. |
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| L'Hôtel Séguier photographié par Eugène Atget en 1913, Tirage sur papier albuminé, Hauteur : 22.1 cm, Largeur : 17.5 cm, Musée Carnavalet, 133 blvd Saint-Antoine, IVe ardt. |
culture chinoise en vogue depuis la fin du XVIIe siècle. De nombreux travaux ont déjà interrogé l’ouverture au monde extrême-oriental, en s’intéressant au rôle fondateur joué par les Jésuites dans les relations diplomatiques entre l’empereur de Chine et le roi de France Louis XIV. En arts décoratifs, la littérature scientifique s’intéresse souvent à l’introduction du bestiaire asiatique en général, et chinois en particulier, aux échanges commerciaux et à l’importation des porcelaines des dynasties Ming et Qing en Europe.
(...)
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| Un des deux dragon soutenant le balcon de la façade sur rue, Hôtel
Chenizot, sculpteur François Roumier, architecte Pierre de Vigny, vers
1725, 51 rue Saint-Louis-en -l'Île, IVe ardt. |
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| Un des deux dragon soutenant le balcon de la façade sur rue, Hôtel Chenizot, sculpteur François Roumier, architecte Pierre de Vigny, vers 1725, 51 rue Saint-Louis-en -l'Île, IVe ardt. |
(...)
De nombreux ouvrages imprimés d’obédience jésuite, bénéficiant de l’impulsion initiée par celui du père Kircher, concourent au développement du goût pour l’imagerie d’extrême orient à l’aube du XVIIIe siècle. On peut citer ceux des pères Ferdinand Verbiest, Jean-François Foucquet ou encore Jean-Baptiste Du Halde qui ont tant marqué les esprits du temps comme Voltaire, lecteur avide de leurs témoignages. Tous, par leurs enseignements, raccourcissent les distances, fusionnent les civilisations et offrent une rencontre éclairée aux lumières de la raison entre deux cultures pourtant éloignées. Mais le monde idéal des ornemanistes, où la fantaisie créatrice rend l’univers des possibles infini, amplifie le transfert culturel tout en en modifiant profondément la nature. Le motif du dragon, pour revenir exclusivement à lui, perd son occurrence morale aidant à distinguer le Bien du Mal et se fait fable, à l’image des planches dessinées par Alexis Peyrotte et gravées par Gabriel Huquier dans le recueil non daté intitulé Nouveaux cartouches chinois. L’animal chimérique que l’on découvre n’a plus rien d’un démon. Il y est montré paisible, posé sur une cartouche rocaille, s’enroulant autour d’un feuillage. Par l’intitulé clairement chinois de la suite,la planche renvoie à un Orient de mignardise. Elle participe au développement d’une vision fantasmagorique de la Chine, s’écartant toujours plus d’une transposition culturelle de sources réelles et objectives. Le dragon comme figure ornementale fait désormais partie intégrante du monde de la rocaille, cultivant l’idée du « mirage chinois ».
Au contact de l’Europe, le dragon demeure l’emblème de la force. Il renforce l’expression du souverain, mais aussi de ceux qui détiennent un pouvoir capital comme les grands financiers de la Régence. Il peut ainsi se muer en métaphore de la continence, de la puissance prête à retentir mais qui demeure domptée, muselée, maîtrisée. Dans une vignette de Nicolas Verrien, le dragon se fait gardien du jardin des Hespérides. Par son calme apparent, il illustre la tempérance du prince. Paisible mais jamais placide, il contient sa violence sans pour autant faire oublier son aisance à terrasser le visiteur indélicat.
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| Cour du Dragon en 1899 par Eugène Atget, tirage sur papier albuminé :
d'après négatif sur verre au gélatinobromure ; 21,5 x 17 cm (épr.),
B.N.F. Cette cour faisait partie d'un ensemble immobilier construit par
Antoine Crozat, financier et armateur négrier, en 1732. Une des entrées
était au 50 rue de Rennes, après les transformations Haussmanniennes. La
cour a été détruite dans les années 1930, mais la sculpture du dragon
par Paul-Ambroise Slodtz a été déposée au Louvre. Une copie moderne
placée à cette adresse évoque l'Histoire du lieu. |
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| Paul-Ambroise Slodtz, Dessus de porte au motif de dragon de sainte
Marguerite, 1732. Photographie d'Eugène Atget, tirage sur papier
albuminé : d'après négatif sur verre au gélatinobromure ; 20,7 x 16,7 cm
(épr.), (1908 ?) |
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50 rue de Rennes, VIe ardt, copie moderne d'un original de 1732 de Paul
Ambroise Slodtz, (1702-1758 ), maintenant au musée du Louvre. Moulage en
résine de pierre par Marie Annick-Bresson. |
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Balcon soutenu par deux dragons, Hôtel Chenizot, sculpteur François
Roumier, architecte Pierre de
Vigny, vers 1725, 51 rue Saint-Louis-en -l'Île, IVe ardt.
|
Valentine Toutain-Quittelier, « Le dragon dans la culture visuelle rocaille », Nouvelles de l’estampe [Enligne], 262 | 2019, mis en ligne le 01 mars 2019.
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| Dragon support de balcon au 51 rue d'Anjou, VIIIe ardt. L'influence
orientale s'explique par la destination initiale du bâtiment construit
en 1927, avec Paul Farge comme architecte : il s'agissait d'accueillir
la Banque Coloniale. |
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| Dragon support de balcon au 51 rue d'Anjou, VIIIe ardt, 1927. |
Retrouvons des dragons parisiens présents dans des décors, des enseignes, métalliques.

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| Belle poignée avec deux dragons, dont malheureusement l’extrémité de la
queue a disparu, 56 blvd Malesherbes, VIIIe, Mairie du Huitième
arrondissement |
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| Dragon et son proche cousin le Griffon. Poignée au 111 rue de Grenelle, dans la Cité Martignac VIIe ardt. |
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| Un des quatre panneaux identiques sur cette porte du 18 rue Notre-Dame de Lorette, IXe ardt. Ce choix est peut-être le fruit de la proximité avec la place Saint-Georges. |
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| Dragon décoratif sur une porte de l'immeuble Lavirotte au 29 avenue Rapp, VIIe ardt, 1901. |
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| Support d'enseigne, 4 rue Boutebrie, Ve ardt. |
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| Enseigne moderne de Super-Marché, 24 rue du Dragon, VIe ardt. |
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| Ces deux dragons qui servent de garde-corps à une fenêtre sont comme
retenus par des cordes, et appuyés ou transpercés par une flèche.
Bien qu'encore vivants, ils sont sous contrôle. Angle rue du Pont Louis
Philippe-rue Grenier sur l'eau, IVe ardt. |
Voici 4 décorations inspirées du dragon, mais le principe décoratif qui les anime peut faire que leur corps se finisse en volutes, en rinceaux... Les sculpteurs se sont permis ici toute liberté de création.
En accompagnement, voici un premier texte d'une chanson de Thomas Fersen très joliment écrit, " Mon Iguanodon ", où l'auteur évoque un personnage générique plutôt prédateur sexuel à l'ancienne, à l'esprit reptilien, qui est une sorte de dragon moderne au petit pied. Le dinosaure du titre a un aspect parent des dragons.
Il dormait dans une mare
Ou les insectes patinent
Il était grand calamar
Au fond d'un abîme
Il rêvait dans sa corbeille
En bavant sur l'édredon
La pleine lune le réveille
Mon iguanodon
Pas besoin d'être fakir
Ni d'se coiffer d'un turban
Je sais ce qui fait languir
Le vilain serpent
Dès que les ombres s'allongent
Je le retiens par la queue
Je le retiens dans mes songes
Je le retiens dans mes songes mais il est visqueux
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| 36 rue Saint-Placide, VIe ardt. |
Il fume des petits cigares
D'une sorte bon marché
On en trouve les cadavres
Où il a marché
Et comme c'est bientôt Noël
On entonne des cantiques
On allume des chandelles
Devant les boutiques
Il entre allumer un cierge
En Notre Dame du Pardon
Il pense à la forêt vierge
A l’arrêt Houdon
Des que les ombres s'allongent
Je l'attrape par la queue
Je le retiens dans mes songes
Je le retiens dans mes songes mais il est visqueux
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| 11 rue Murillo, VIIIe ardt. |
Ce n'est pas pour la vitrine
Des plus grands maroquiniers
Que le serpent se dandine
Hors de son panier
Derrière ses lunettes d'écailles
Et sa froideur dans le ton
La démence le travaille
Le pauvre python
Mais le vernis se lézarde
Et sous son collier de barbe
On voit sa grosse pomme d'Adam
Qui monte qui descend
Des que les ombres s'allongent
Je l'attrape par la queue
Je le retiens dans mes songes
Je le retiens dans mes songes mais il est visqueux
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| 11 rue Murillo, VIIIe ardt, détail photo précédente. |
Voila sa raison qui rampe
Dans les pensées anormales
Alors que la pluie détrempe
Son imperméable
Il lui faut les souliers plats
Et la jupe bleue marine
La barrette, les gros bas
Toujours le même film
Comme on dit sur le trottoir
Comme on dit dans le jargon
On va sacrifier ce soir
Une file au dragon
Des que les ombres s'allongent
Je l'attrape par la queue
Je le retiens dans mes songes
Je le retiens dans mes songes mais il est visqueux.
Thomas Fersen, " Mon Iguanodon " Album " Le Pavillon des Fous "2005.
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| 34 rue de l'Arcade, VIIIe ardt. |
Découvrons les autres dragons de la grande salle de lecture de la bibliothèque Forney, nous en avions vu deux juste avant le chapitre " Sainte Marguerite d'Antioche ". Ils sont savoureux.
Encore accompagnés par des extraits d'un texte d'une chanson de Thomas Fersen, " La Mare " où l'auteur évoque une sorte de dragon féminin, gardienne de richesse, la Vouivre, ou ses parentes.
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| Bibliothèque Forney, Grande salle de Lecture. L’hôtel de Sens est
restauré en plusieurs étapes entre 1930 et 1961. Les compagnons du
devoir créent des ornements dans le style médiéval en référence à
l’artisanat et à la bibliothèque. 1 rue du Figuier, IV e ardt. |
Souffrant, probablement
D'avoir fait l'acrobate
J'essayais un traitement
De médecine hydropathe
Savoir un bain brûlant
Comme l'est l'eau des pâtes
Dans le gros ventre blanc
D'une baignoire à pattes
Je baignais dans ma vase
Et regardais crever
Des petites bulles de gaz
Me plaisant à rêver
Que je portais la robe
De bure ou le burnous
D'où jaillissaient les globes
Cagneux de mes genoux
La mare m'appelait
Comme ce qui est trouble
Comme ce qui est laid
Comme ce qui est double
Ce qui a deux côtés
Comme tout ce qui cache Sous sa lisse surface
Un monde tourmenté
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| Bibliothèque Forney, Grande salle de Lecture. L’hôtel de Sens est
restauré en plusieurs étapes entre 1930 et 1961. Les compagnons du
devoir créent des ornements dans le style médiéval en référence à
l’artisanat et à la bibliothèque. 1 rue du Figuier, IV e ardt. |
(...)
Mon eau refroidissait
Le trou du dévidoir
En avalait l'excès
Et je l'écoutais boire
À petites gorgées
Au bout de la baignoire
Où il est ménagé
Sorte de grotte noire
Terrier a deux entrées
L'autre étant le siphon
Par où les eaux s'en vont
À grands bruits aspirées
Dans le réseau d'artères
De la tuyauterie
Jusqu’à l'humide abri
Au centre de la terre
Solitaire et sévère
Meublé de stalactites
D'une femme aux yeux verts
Comme la mare interdite
Elle est représentée
Au pied de Saint-Michel
Ou de Saint-Georges en selle
En hydre épouvantée
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| Bibliothèque Forney, Grande salle de Lecture. L’hôtel de Sens est
restauré en plusieurs étapes entre 1930 et 1961. Les compagnons du
devoir créent des ornements dans le style médiéval en référence à
l’artisanat et à la bibliothèque. 1 rue du Figuier, IV e ardt. |
Le Saint l'immobilise
Brandissant son épée
Je l'ai vu à l'église
Il va la découper
Car elle est un dragon
Et sa tête est affreuse
Quand elle sort de ses gonds
Mais si elle est heureuse
Plus d'écailles, plus d'ailerons
Ses cheveux font des boucles
Au milieu de son front
Rutile une escarboucle
C'est un très beau rubis
Que la vouivre abandonne
Auprès de son habit
Lorsqu'elle se déboutonne
Dans l'herbe de la rive
Avant d'entrer dans l’eau
Voici ce qui arrive
A qui a le culot
De toucher son trésor
Lorsqu'elle est dans l'étang
Voici quel est le sort
Funeste qui l'attend :
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| Bibliothèque Forney, Grande salle de Lecture. L’hôtel de Sens est
restauré en plusieurs étapes entre 1930 et 1961. Les compagnons du
devoir créent des ornements dans le style médiéval en référence à
l’artisanat et à la bibliothèque. 1 rue du Figuier, IV e ardt. |
Onduleux et rampant
Tout un flot de serpents
Surgit et vous dévore
Et si dans un effort
Ou plutôt par miracle
On échappe au festin
Le rubis dans le sac
Se transforme en crottin
(...)
Le pays où est née
La vouivre des lavoirs
On passe sans les voir
Ils sont abandonnés
Au cresson des fontaines
Et a l'écroulement
Ce sont des monuments
D'une époque lointaine
(...)
" N'essaie pas de me suivre
Chacun va son chemin"
Disant ces mots, la vouivre
Me serra la main
Emporta ses richesses
Dans le petit trou noir
Et qui chuintait sans cesse
Au bout de la baignoire
Comme Sainte-Marguerite
De la légende dorée
Où elle y est décrite
Sortant régénérée
Du ventre du dragon
Je me sentais renaître
Vivant et heureux d'être
Dans un état second
Thomas Fersen, " La Mare " extrait de l'album " C'est tout ce qu'il me reste ", 2019.
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| Bibliothèque Forney, Grande salle de Lecture. L’hôtel de Sens est
restauré en plusieurs étapes entre 1930 et 1961. Les compagnons du
devoir créent des ornements dans le style médiéval en référence à
l’artisanat et à la bibliothèque. 1
rue du Figuier, IV e ardt. |
Deux très belles miniatures, de Perse du XVIe, et d'Inde du XVIIe siècle, où des Preux du monde musulman luttent contre un dragon, ici assimilé au Mal, comme dans le monde chrétien. Ainsi nous constatons l'universalité du dragon.
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| " Azar Barzin tue un dragon ", autour de 1560. Empire Perse. |
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| "Bahram Gur tuant le dragon " détrempe sur papier, style Mughal, vers 1610, Inde. |














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