samedi 5 février 2011

Osiris

"I" comme Iffla, "O" comme Osiris. Balcons de l'hôtel particulier de Daniel Iffla Osiris, 9 rue La Bruyère, IXe ardt (1867)

AU JOUR LE JOUR

Les papiers de M. Osiris

Le dépouillement des papiers personnels de M. Osiris s'est terminé hier en présence de MM. Emile Loubet, Bétolaud, Loiseau, Bizouarne, Philippot, Ader, Cornette, commissaire de police, et le représentant du juge de paix du 9° arrondissement. Encore que ce travail ait toujours été tenu secret, nous pouvons dire qu'à l'exception d'un seul les documents examinés n'aideront guère à préciser le caractère réel du multimillionnaire.
Doit-on ranger M. Osiris parmi les grands bienfaiteurs de l'humanité? Etait-ce l'homme au cœur sec, dur aux autres comme à lui-même, avide seulement de distinctions longtemps désirées et d'honneurs tard venus, tel que certains le dépeignaient? Non sans doute.
On peut supposer qu'il fut hypnotisé par l'idée des sommes énormes qu'il accumulait. Ce n'est point d'ailleurs qu'il comptât et recomptât son or, ni qu'il songeât beaucoup à l'incomparable puissance de l'argent. Mais il s'était assigné une tâche sévère, la seule qu'il eût jugée digne de ses efforts après la mort des êtres qui lui étaient chers. Il voulait laisser après lui un monument impérissable son testament.
On a vu que la mort l'avait surpris avant que cette œuvre suprême fût achevée et jamais elle ne l'eût été. On pourrait presque faire une collection des testaments de M. Osiris testament instituant légataire universel un membre de sa famille, puis un de ses amis, puis un autre, testament mystique, etc., jusqu'au dernier en date (mars 1906) dans lequel l'institut Pasteur se voit attribuer les trois quarts des 46 millions de la succession. Après le legs initial venaient une quantité de codicilles qui auraient singulièrement réduit les 30 millions de l'institut Pasteur, si, en place d'être seulement arrêté dans son esprit M. Osiris, avait, eu la foi ce de les noter sur son testament à l'heure de la mort.
Ces hésitations perpétuelles permettent de penser que le légataire ne voyait pas clairement le meilleur emploi à faire de son énorme fortune, qu'il n'obéit point durant toute son existence à la seule préoccupation d'accumuler des capitaux qu'il jugeait mal utilisés pour les rendre d'un coup à la société sous la forme la plus avantageuse pour elle, et que ce testament inachevé, œuvre de-sa vie, n'était point comparable à l'œuvre d'un savant demandant encore un an de grâce à la mort pour parfaire le travail commencé.
Aussi ne laisse-t-il guère pour prendre soin de sa mémoire que les institutions qu'il eut le temps d'inscrire sur son testament.
Pourtant un document irréfutable vient de nous révéler un Osiris au cœur très tendre, un Osiris gardant, sous ses cheveux blancs, la chaleur de cœur et la piété de sentiments d'un amoureux de la belle époque, qui sait quand il le faut se hausser sans ridicule jusqu'au plus émouvant tragique. Et peut-être M. Osiris jugea-t-il qu'après la mort de sa femme et de ses enfants il n'avait plus personne à aimer ici-bas et que seule l'humanité était digne de ses bienfaits.
Voici le document dont je viens de parler. C'est une sorte de fragment de mémoires, tout entier écrit de la main de M. Osiris et signé par lui.
6 juillet 1888, 6 h. du matin.
Je sors de mon lit pour me rendre de bonne heure au cimetière Montmartre, où j'ai donné rendez-vous aux entrepreneurs de sépulture et au conservateur du- dit cimetière pour procéder à l'exhumation des restes de ma bien chère Léonie, ma femme, et de-nos deux enfants, ensevelis depuis sa mort, 13 octobre 1855. Après trente-trois ans de persévérance, de lutte, je suis parvenu à accomplir le vœu qu'elle avait formé alors qu'elle n'était que ma fiancée. Un jour, passant avec moi dans ce cimetière, elle remarqua la séparation qui existait entre les cimetières chrétien et israélite. Un mur placé entre les deux parties du grand cimetière indiquait que d'un côté il y avait la porte réservée aux cultes catholique et protestant et l'autre destinée à recevoir les familles Israélites.
Etant chrétienne et catholique, elle ne pouvait être enterrée que dans la partie réservée au culte catholique ; elle me dit, après lui avoir donné les explications à ce sujet et qui paraissaient l'intéresser sérieusement
– Je désirerais, mon ami, dans le cas où je viendrais à mourir avant vous, être enterrée à cette place, comme étant la plus proche de celle que vous occuperez un jour. Vous me le promettez ?
– Oui.
Un an plus tard, elle mourut en couches, mettant au monde deux enfants qui furent étouffés au passage : trois cadavres en un jour !
La place qu'elle m'avait désignée me fut refusée par le géomètre Feydeau, qui ne pouvait donner le terrain choisi par Mme Osiris que sur l'ordre du consistoire lequel s'y refusait énergiquement en raison du plan qu'il avait adopté antérieurement de faire placer une grande et longue porte grillée, afin de fermer le cimetière Israélite les jours de fête et de sabbat.
Il fallut accepter le caveau provisoire du marbrier et attendre de longues années. Ce que je fis. Armé de beaucoup de courage et d'une conviction profonde, j'ai lutté avec mon cœur de mari, et après avoir fait de nombreuses exhumations du corps de ma chère Léonie et de mes enfants, je suis arrivé après trente-trois ans de luttes de toutes sortes à occuper définitivement et perpétuellement le terrain qu'elle avait désigné. Pour comble de bonheur, le Conseil municipal ayant fait enlever toutes les barrières qui séparaient les divers cultes, laissant il chacun le droit de faire enterrer selon ses désirs, je pourrai désormais espérer dormir à côté de ma chère Léonie. Je viens de reconnaître ma place. C'est à ses pieds que je dormirai de mon dernier sommeil, dans ce caveau qui sera surmonté d'une magnifique statue de Moïse, sculptée par Mercié, copie exacte du Moïse de Michel-Ange.

Sépulture Osiris, cimetière de Montmartre, XVIIIe ardt. Sculpture d'Antonin Mercié, d'après Michel Ange
Le vœu de ma chère Léonie est accompli ; j'en remercie Dieu et le Conseil municipal de Paris de tout mon cœur.
Le rendez-vous avait été pris pour huit heures au cimetière où j'avais commandé à mon ébéniste de me faire un cercueil de chêne tout doublé de satin blanc, avec une poche sur le côté, presque au sommet de la tête. J'y ai déposé les portraits de ma mère, de mes sœurs, de Nelly Mase ma mère et de son mari. Puis j'en ai placé une à moi dans un coussin de soie fait avec du varech et surmonté d'une guirlande de roses et de pensées.
J'ai opéré moi-même le transbordement du précédent cercueil dans le nouveau de la façon suivante : après avoir déposé la tête de ma chère Léonie sur le coussin, après l'avoir examinée, et embrassée, je l'ai recouverte de fleurs. Puis j'ai détaché sa robe de mariée dans laquelle elle avait été ensevelie et qui ne représentait plus que des lambeaux. J'ai cherché tous les ossements réunis les uns à côté des autres, et je n'ai permis à personne de m'aider dans ce travail qui me permettait de revoir encore pour la dernière fois la dépouille de celle que j'ai toujours aimée et jamais oubliée. Aussi suis-je allé lui rendre mes derniers devoirs en costume de marié. J'avais mis ce que j'avais de plus beau pour me présenter devant elle et lui dire un éternel adieu.
On sait que le désir de M. Osiris a été exaucé. Il dort son dernier sommeil auprès de sa femme bien-aimée. Et sans doute ne serons-nous pas les seuls à penser que ses magnificences posthumes sont moins touchantes sinon moins admirables que la constance, la force et la tendresse de son unique amour.

FRANÇOIS PONSARD.
Le Temps, Paris. N° 16691, mercredi 5 mars 1907
Sépulture Osiris, cimetière de Montmartre, XVIIIe ardt.

INFORMATIONS DIVERSES

M. Osiris vient de demander au préfet de la Seine, « dans une pensée pieuse », l'autorisation de procéder, à ses frais, à divers travaux de construction, de réparation ou d'aménagement aux sépultures, tombeaux ou monuments d'un certain nombre de personnages illustres qui reposent dans les cimetières parisiens et dont les sépultures sont dans un état de délabrement qui fait peine.
Tels sont, au cimetière de l'Est, les tombeaux des musiciens Bellini, Grétry et Méhul ; des poètes Delille, La Harpe et Boufflers ; du peintre Prudhon, des savants comme Lakanal et Fourcroy ; de Mme de Genlis, des maréchaux Sérurier, Pérignon au cimetière du Sud, de l'abbé Grégoire et de Rude.
Le préfet de la Seine a répondu qu'une autorisation spéciale devrait être demandée pour chaque monument, autorisation qu'il se ferait un plaisir d'accorder après avoir reçu communication du plan des travaux.

(...)
Scriwaneck chantera, Scriwaneck, la voisine de Marie Sasse en ce logis qu'elle a quitté, comme une grisette s'échapperait, lasse à la fin d'être en cage, Scriwaneck, octogénaire, chantera la Lisette du chansonnier
Si vous saviez, enfants,
Quand j'étais jeune fille
Comme j'étais gentille.
La musiquette de Bérat apportera son concours à l'interprète de la musique de Wagner. Et Scriwaneck sera heureuse de se faire applaudir encore en faisant ce qu'elle a fait toute sa vie un peu de bien.
Elle n'est pas riche, Scriwaneck. Elle est d'un temps où l'on ne thésaurisait guère: « Nous avions trop de coeur, que voulez-vous » Mais elle est indépendante et elle ne demande rien à personne. Si. Bravement elle voulut, un jour, être certaine d'avoir un tombeau.- Elle le dit gaiement à D. Osiris qui, avec ses quarante ou cinquante millions, pouvait bien lui donner
dans l'herbe une tombe à l'écart.
comme disait Béranger en parlant de soi-même.
Le millionnaire répondit
« Chère demoiselle, chère grande artiste, » J'ai le plaisir de vous dire que je n'ai pas oublié le désir que vous aviez d'être assurée de dormir paisiblement votre dernier sommeil au cimetière Montmartre.
» J'ai obtenu d'un de mes amis, M. E. P. l'autorisation d'avoir pour vous une place dans sa sépulture. J'ai préparé une rédaction qui vous conviendra, je pense, et que je vous ferai parvenir.
» Je souhaite et j'espère que vous en userez le plus tard possible.
» Croyez, chère,et grande artiste, à mes sentiments bien dévoués,
» 2 octobre 1900. »
C'est inattendu, étonnant et macabre. Et voilà, dit en riant celle qui fut Frétillon et Gentil-Bernard après Déjazet, voilà comment je dormirai finalement avec un M. E. P. que je ne connais pasl l
En attendant, alerte et vive, elle va, la cigale ayant chanté tout l'été, chanter en son hiver pour Marie Sasse, et chanter ce qu'aimait le chansonnier qu'elle adore :
La liberté, Lisette et le printemps.
Jules Claretie

Un israélite fort connu à la Bourse, M. Osiris Iffla, ayant fait construire de ses deniers la synagogue de la rue de Buffault, demandait pour toute récompense la faveur d'inscrire le nom de Mme Osiris, une catholique, au-dessus de la rosace du fond. Le Consistoire ne l'a point permis. Le nom d'une chrétienne ne pouvait se trouver gravé dans un temple élevé à Jehovah. De même, il y a grand tapage pour les noms de juifs illustres que M. Osiris a fait inscrire, en lettres d'or, à la droite du tabernacle, sur une plaque de marbre blanc. Les noms de Spinosa et de Henri Heine, gravés là, à côté de celui de Meyerbeer, ont fait pousser les hauts cris aux dévots du judaïsme.


LE TESTAMENT DE M. OSIRIS

On a beaucoup parlé de ce testament depuis un mois, sans l'avoir. Vu, et, forcément, on a, d'après de simples « on dit », publié pas mal d'erreurs.
Nous pouvons, aujourd'hui, préciser les libéralités de M. Osiris, en citant le texte même de son testament, que nous avons sous les yeux.
D'abord, il n'y est pas fait mention d'un legs de 25 ou de 30 millions à l'Institut Pasteur. Quelle sera la part de cet établissement dans l'héritage ? La liquidation, seule, la fera connaître, ainsi que l'a très sagement déclaré, dès le premier jour, le docteur Roux.

Voici les termes du document, daté du 15 mars 1906, en ce qui concerne l'Institut Pasteur

J'institue pour mon légataire universel l'Institut Pasteur, établi à Paris, rue Dutot. Tous les legs particuliers que je. vais faire dans le présent testament et tous ceux que je pourrai faire par la suite seront délivrés aux légataires, francs et nets de tous frais et droits de mutation quelconques, qui seront supportés par ma succession. Ils ne seront productifs d'aucun intérêt s'ils sont payés au cours des six premiers mois qui suivront l'ouverture de ma succession mais si, par suite de mes legs particuliers, ces capitaux ne pouvaient être payés dans ce délai, j'entends, qu'ils soient productifs d'intérêts au taux légal qui commenceront à courir du 1er jour du 7e mois qui suivra mon décès.
Je veux que l'émolument net de l'Institut Pasteur, mon légataire universel dans ma succession, ne soit dans aucun cas inférieur à trois millions de francs. Par suite, en cas d'insuffisance, et s'il était nécessaire, tous mes legs particuliers seraient réduits proportionnellement à leur importance pour qu'il reste ait moins trois millions de francs nets à l'Institut Pasteur.

Si la fortune laissée par M. Osiris atteint les chiffres que l'on a cités, il est certain que le minimum de 3 millions assuré a l'Institut Pasteur sera de beaucoup dépassé. Mais M. Osiris lui-même, qui devait connaître à peu près sa fortune, que l'on a peut-être exagérée, n'ose se prononcer au delà de ce minimum
Le testateur lègue à la Société des Gens de Lettres 20,000 francs; à la Société des Auteurs dramatiques 20,000 francs :

A l'Académie de médecine, à Paris, une somme de 25,000 francs à l'effet de fonder, avec les arrérages accumulés pendant trois ans, un prix perpétuel et triennal qui sera décerné à l'auteur du meilleur ouvrage de chirurgie médicale paru pendant chaque période triennale.
Je désire que ce prix. porte le nom de mon excellent ami, M. le professeur Potain, en reconnaissance des soins qu'il a donnés tant à moi-même qu'à des personnes qui me sont chères.

Le philanthrope attendri qu'était M. Osiris se révèle surtout par les dispositions suivantes. On le voit se soucier du sort des humbles dès leur naissance, s'intéresser à leur développement moral et même physique, car il pense même à leur donner de salutaires exercices de gymnastique :

Je lègue à la Société d'allaitement maternel et des refuges-ouvroirs pour les femmes enceintes, dont le siège est à Paris, rue de Miromesnil, 11 bis, une somme de 2,000 fr. pour la fondation de deux lits qui porteront, l'un, mon nom de Daniel Osiris, l'autre, celui de ma défunte femme Léonie Osiris; à l'Orphelinat des hôpitaux ouvriers, dont le docteur Bergeron fut le président, 25,000 francs; à la Société générale de l'enfance abandonnée ou coupable, dont le président est M, Bonjean, 30,000 francs; à l'Orphelinat des arts, 25,000 francs; à la Société du pain pour tous, dont je suis membre, 10,000 francs; la Société d'assistance par le travail du neuvième arrondissement de Paris, 2,000 francs; à l'établissement de Belleville dirigé par Mlles Kopp, 25,000 francs; à la Ville de Paris une .rente annuelle et perpétuelle de 500 francs pour la fondation d'un prix annuel de pareille somme, qui devra être décerné à celui des professeurs de gymnastique des écoles communales laïques de la Ville de Paris qui aura obtenu les meilleurs résultats au point de vue de l'amélioration de la santé et des forces des enfants débiles et difformes. Ce prix portera le nom de colonel Dérué, fondation Osiris.

Passons sur un legs de 25,000: francs à la Société de protection des engagés volontaires, dont le président est M. voisin, conseiller à la Cour de cassation, et sur une disposition de 4,000 francs en faveur de la Société amicale et de prévoyance de la Préfecture de police, pour regarder sous un autre angle l'intéressante figure de M. Osiris.
Voici l'idéaliste :

Je laisse une somme de 50,000 francs pour élever, à Lausanne, aussi près que possible du monument de Guillaume Tell, une chapelle qui sera exclusivement consacrée à ce héros
Une autre somme de 50,000 francs, pour élever un temple israélite, pour la construction duquel on s'inspirera sur celui que j'ai fait édifier à Paris, rue Buffault.

Et voici le patriote :

N'ayant pu acquérir la maison où est née Jeanne d'Arc, je voudrais que la belle statue de Frémiet, offerte par moi à la ville de Nancy, fût déplacée, et qu'elle occupât, au centre de la ville, le plus bel emplacement, au milieu d'un square.
Je voudrais aussi que le monument soit entouré d'une grille artistique et que tous les ans, le jour de sa fête, une couronnes d'immortelles soit déposée en mon nom au pied de cette immortelle Jeanne d'Arc.
Dans ce triple but je donne et lègue à la ville de Nancy une somme de 100,000 francs.

D'autre part, M. Osiris lègue à la Société d'encouragement à l'escrime une rente perpétuelle de 1,500 francs, pour la fondation de prix annuels de cent francs, « lors du concours d'escrime des écoles militaires et civiles du gouvernement, ainsi que des lycées et collèges ».
Il donne à la Ville de Paris une rente de 1,200 francs pour la fondation de prix aux élèves les plus dignes et lés plus méritants à tous égards de l'école Turgot, où il fut lui-même élevé, dit-il, sous la direction de M. Pompée.
On a dit qu'il voulait faire élever des statues à Mmes Boucicaut et Furtado-Heine. C'est d'un groupe de Mmes Boucicaut et de Hirsch qu'il s'agit

Je lègue à la Ville, deParis 100,000 francs pour élever un monument à la, mémoire de deux femmes de bien, Mmes Boucicaut et la baronne de Hirsch. Je désire qu'un groupe en marbre blanc représente ces deux excellentes femme sous les traits de la Bonté et de la Charité, et qu'il soit placé dans le square des Ménages, situé entre les rues de Sèvres et de Babylone. Je désirerais que ce square prit alors le nom du docteur Potain, ancien membre de l'Institut et de l'Académie de médecine.
"Daniel Ilffa Osiris 1828-1907" [sic]. Portrait gravé au dos du Monument Boucicaut-De Hirsch, sculpté par Paul Moreau-Vauthier (1912), square du Bon Marché, VIIe ardt.
Ce dernier vœu a été récemment exaucé par la commission des dénominations des voies parisiennes au Conseil municipal.
Autres legs intéressants à la Ville de Paris, une rente perpétuelle de 2,000 francs, aux villes de Lyon, Bordeaux, Marseille, Nancy, Arcaçhon, Berne, Géniac et Lausanne, huit rentes de 1,000 francs « pour la fondation de prix annuels destinés à récompenser les élèves jugés les plus dignes et les plus méritants des écoles communales, filles et garçons, de ces villes, sans distinction de culte »
Au Conservatoire de musique et de déclamation, 5,000 francs de rente pour la fondation d'un prix annuel de pareille somme à un lauréat, homme ou femme, « ayant obtenu un premier prix dans les classes d'art lyrique et d'art dramatique, c'est-à-dire opéra, opéra-comique, tragédie et comédie »
Par codicille du 5 juillet 1900, Osiris fait la disposition suivante :

Je donne et lègue à l'Etat français ma propriété située sur la commune de Bommes, près Sauternes, (Gironde), appelée le château de la Tour-Blanche (sauf les meubles, œuvres d'art et tout le mobilier proprement dit). Dans ce vignoble, l'Etat donnera un enseignement pratique populaire gratuit de viticulture et de vinification, sans aucuns frais pour l'Etat, le legs devant se suffire à lui-même et au delà, au moyen des produits du vignoble.
La propriété portera en façade ces mots : Fondation Osiris.

"Enfin, M. Osiris lègue à la ville de Bordeaux, où il est né, deux millions « pour la fondation d'un asile de jour, installé dans un bateau qui sera amarré au milieu de la Gironde ».

Le testament ne porte d'autres dispositions qu'en faveur de particuliers.
Ch. Dauzats.

Hôtel particulier de Daniel Iffla Osiris, 9 rue La Bruyère, 9e ardt.

JARASSÉ, Dominique. Osiris : Mécène juif, nationaliste français. Esthétique du divers, 2008
Synagogue Buffault

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